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Transmis par José Luis Moragues (BDS France)

Un exemple du développement du BDS chez les palestiniens, ici dans la Bande de Gaza. Merci à Catherine pour la traduction.

 

L’atelier BDS attire de nombreux fermiers et responsables agricoles de Gaza

28 Novembre 2013 | International Solidarity Movement, Maria del Mar Fernandez et Mohammed Abedullah | Gaza, en Palestine occupée 

Le lundi 25 november 2013, une conférence sur le mouvement Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) contre l’apartheid israélien, la colonisation et l’occupation, a été organisée à Gaza par le Centre arabe pour le développement agricole (Arab Center for Agricultural Development (ACAD) )

 

et l’organisation norvégienne Norwegian People’s Aid (NPA).

Abeer Abu Shawish de l’ACAD coordonnait l’événement.

Environ 43 personnes, 22 femmes et 21 hommes y ont assisté — des agriculteurs, des représentants de la société civile et des organisations nationales du secteur agricole à Gaza, des représentants de NPA et des militants de BDS. 

 

« Cette sorte de boycott d’Israël est historique en Palestine et a réussi à faire changer les choses dans le passé », a déclaré le directeur d’ACAD Muhsen Abu Ramadan. « Le mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud a réussi en utilisant cette stratégie du boycott. Nous devons boycotter et aussi demander un désinvestissement général d’Israël, et des colonies. Nous devons aussi promouvoir les produits locaux et encourager les investissements dans les produits palestiniens, en complément du boycott. Nous devons utiliser des produits de remplacements internationaux à la place des produits israéliens si nous n’avons pas de produits palestiniens. Le boycott ne concerne pas seulement le commerce, mais aussi les centres d’éducation. Les universités israéliennes sont utilisées pour des recherches destinées à tuer les Palestiniens. L’expérience tirée des mouvements de boycott a montré que c’était une bonne façon d’affecter Israël. Il est difficile de pratiquer le boycott ici à Gaza à cause de nos options limitées, mais nous devons encourager une culture de boycott. Nous devons aussi boycotter certaines installations, les commerçants qui sont en affaire avec les Israéliens, parce qu’Israël essaie de montrer que le conflit ne concerne que les politiciens et n’est pas populaire auprès de la population. Ils disent donc aux autres pays : pourquoi nous boycottez-vous alors que les Palestiniens eux-mêmes ne nous boycottent pas ? Des syndicats d’agriculteurs en Europe ont adopté le mouvement de boycott et nous pouvons avoir une influence énorme en boycottant des produits agricoles. Nous devons faire attention aux procédures israéliennes qui visent à créer une normalisation entre les produits palestiniens et israéliens. Nous demandons des positions plus fermes contre l’importation de produits d’Israël en général, et pas seulement ceux des colonies. Nous devons défendre les droits de nos agriculteurs et leur droit d’importer et d’exporter des produits ».

 

Le directeur local représentant NPA, Mahmoud Hamada, a montré le résumé et les recommandations du rapport 2012 de son organisation, « Des liaisons dangereuses : les liens norvégiens à l’occupation israélienne ( “Dangerous Liaisons: Norwegian ties to the Israeli Occupation.”)

Il a remarqué que « le boycott est une stratégie nationale pour obtenir nos droits, particulièrement en l’absence de respect du droit international vis à vis des Palestiniens. C’est un moyen de punir Israël, qui utilise le marché palestinien pour en faire un simple marché de consommateurs de sorte qu’Israël puisse en bénéficier. Les Israéliens souhaitent créer une normalisation entre occupés et occupants. Nous avons découvert que 51 compagnies israéliennes et internationales investissent leur argent dans les colonies. Nous avons contacté ces compagnies, ainsi que le fond de pension norvégien afin de boycotter ces compagnies. Une de ces compagnies est G4S, la firme de sécurité anglo-danoise qui a établi un contrat pour fournir équipement et services au système israélien des prisons et des checkpoints depuis 2007. Caterpillar fournit l’armée israélienne en bulldozers armés utilisés pour détruire illégalement les maisons et les vergers des familles palestiniennes. Ce sont des bulldozers du même type que celui qui a tué en 2003 à Rafah Rachel Corrie, militante pacifiste de 23 ans, alors qu’elle essayait de protéger la maison de la famille Nasrallah. Hewlett Packard, HP, fournit la technologie des canonnières israéliennes qui tuent des pêcheurs palestiniens, ainsi que le système de repérage qui permet de contrôler tous les mouvements de Palestiniens aux checkpoints en Cisjordanie. Nous demandons de parler aux fonds d’investissements en Europe afin qu’ils boycottent toutes ces compagnies. Il est particulièrement triste de constater que certains pays arabes investissent dans ces compagnies ». 

 

Mahmoud Hamada a aussi souligné l’importance de rejoindre le mouvement BDS, en refusant d’acheter tout produit israélien dans les marchés locaux et en encourageant les produits nationaux palestiniens : « Ainsi nous pourrons soutenir notre économie et détruire l’économie israélienne ». 

 

« Nous n’avons pas d’expérience réelle de BDS à l’UAWC, ou toute autre organisation de la société civile à Gaza », a déclaré Sa’ad Ziada, coordinateur de projet pour l’union des comités de travail agricole (Union of Agricultural Work Committees (UAWC)).

« Nous avons seulement quelques activités de boycott des produits israéliens. Nous avons établi le « Jour palestinien pour l’agriculture », le 9 février 2013. Nous avons discuté la manière dont nous pouvons exporter nos produits sans l’intervention des compagnies israéliennes. Nous devons créer une stratégie à long terme et nous devons parler avec toutes les factions pour les encourager à créer une culture du boycott d’Israël. Nous devons faire pression sur le gouvernement palestinien pour soutenir cette idée. Nous savons qu’il est vraiment difficile de boycotter Israël, spécialement à Gaza, parce la plupart de nos produits de base viennent d’eux, mais au moins nous pouvons boycotter les produits pour lesquels nous avons déjà des alternatives nationales. L’occupation israélienne est en train d’établir une nouvelle sorte de mort lente, avec le manque de travail, le problème de l’électricité, l’eau impure, l’éducation de mauvaise qualité, et l’utilisation de poisons dans des matériaux agricoles comme les engrais et les pesticides. Ceci conduit à tuer les Palestiniens lentement, pas directement avec des bombes, mais d’une autre façon. 95 millions de dollars, tel est le profit venant des biens israéliens importés dans la bande de Gaza, plus de quatre millions de dollars par an. Ceci veut donc dire que si nous boycottons Israël, nous pouvons réellement affecter l’économie d’Israël et changer leur politique à notre égard. 

Le boycott est bien sûr une forme importante de résistance. Tout le monde ne va pas faire de la résistance armée, mais on peut faire cette sorte de résistance. »

 

Zaid Shuabi, agent de liaison du Comité national palestinien de BDS (Palestinian BDS National Committee (BNC)),

a donné un rapport de la situation, par Skype, depuis la Cisjordanie. Il a commencé son discours par une brève introduction au BNC, son histoire, ses débuts, son rôle et ses activités en Palestine.

La coalition reflète « le large consensus au sein de la société civile palestinienne sur le besoin d’une campagne large et prolongée de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS)», a-t-il dit. « Ceci a provoqué l’appel palestinien pour le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions contre Israel lancé en juillet 2005, avec l’accord initial de plus de 170 organisations palestiniennes. Les signataires de cet appel représentent les trois composantes principales du peuple palestinien : les réfugiés en exil, les Palestiniens vivant sous l’occupation en Cisjordanie et les citoyens palestiniens opprimés de l’État israélien. 

Les efforts pour coordonner le mouvement BDS, qui a commencé à croître rapidement après l’appel de 2005, ont abouti à la première conférence BDS palestinienne qui s’est tenue à Ramallah en novembre 2007. De cette conférence a émergé le comité national BDS (BNC) en tant qu’organe de coordination palestinien pour le mouvement international BDS.

Le mandat et le rôle du BNC sont de :

• renforcer et étendre la culture du boycott comme une forme centrale de résistance civile à l’occupation israélienne, au colonialisme et à l’apartheid ;
• formuler des stratégies et des programmes d’action conformément à l’appel BDS de la société civile palestinienne du 9 juillet 2005 ;
• servir de point de référence palestinien pour les campagnes BDS dans la région et dans le monde entier ;
• servir de point de référence national pour des campagnes anti-normalisation à l’intérieur de la Palestine ;
• faciliter la coordination et fournir soutien et encouragement aux actions de la campagne BDS en tout lieu.

 

Les activités principales du BNC incluent :

• de faire campagne avec les militants BDS localement et internationalement en préparant et en diffusant des déclarations de BNC ; en faisant des discours publics ; en organisant le jour annuel d’action globale BDS le 30 mars (Jour de la Terre palestinienne - Palestinian Land Day);
• de faire du lobbying, en informant les décideurs politiques et en faisant pression sur eux ;
• de maintenir une vigilance et de répondre rapidement, via les appels à l’action du BNC, contre les projets et initiatives qui reviennent à la reconnaissance ou à la coopération avec le régime israélien d’apartheid, de colonialisme et d’occupation (i.e., la normalisation);
• d’assurer la liaison avec les médias en Palestine et à l’étranger, sur la base d’une stratégie professionnelle de relations aux médias ;
• d’assurer la coordination avec les militants BDS localement et internationalement, y inclus la préparation de réunions et de conférences régionales et internationales ;
• d’éveiller la conscience et de former les militants et les organisations à propos de l’analyse de BDS, des standards et du travail de la campagne BDS, grâce à des groupes de travail, du matériel d’information de BNC et au site de la campagne BDS ;
• de développer le mouvement BDS dans les pays arabes ;
• de favoriser la recherche et le développement stratégique de BDS. »

 

En Cisjordanie, quelques progrès ont eu lieu dans le boycott d’Israël, bien qu’ils doivent faire face à de nombreux problèmes avec les Israéliens. Shuabi a parlé du boycott dans de nombreux pays ; il a aussi évoqué le fait que les commerçants palestiniens sont contraints d’acheter des produits israéliens, parfois ceux venant des colonies, de sorte qu’Israël peut affirmer aux Occidentaux que les Palestiniens eux-mêmes achètent à Israël. Il a expliqué les efforts faits pour exporter des produits grâce à des compagnies qui boycottent Israël. Ce projet a fait d’importants progrès en dehors de la Palestine.  

 

Après ces discours, un débat animé a eu lieu entre les organisateurs et les participants.

 

(Traduction CG pour BDS France)

 

L'Atelier BDS dans la bande de Gaza