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Partenia 2000 et le Printemps arabe


                                                                  Par Hélène Dupont

 

L’après midi du 17 mars 2012 a attiré bon nombre d’amis intéressés par les témoignages annoncés sur les événements de TUNISIE et de SYRIE.

 

Pour nous informer sur ces événements nous avions invité Mouhieddine Cherbib, opposant de longue date à la dictature tunisienne et, pour la Syrie, Raja Chatila, universitaire et scientifique de notoriété internationale. Jacques Gaillot qui a participé à deux délégations en Tunisie, avant et après la chute du régime, en 2008 et en 2011, a aussi donné son témoignage. Nous l’avons vu et entendu dans une vidéo qui nous a fait revivre en quelques minutes l’atmosphère enthousiaste, la vague d’espérance des Tunisiens en ces premiers mois de liberté retrouvée.

Excellent orateur, Mouhieddine a retracé l’Histoire de son pays montrant que des signes avant-coureurs de ce tournant de l’Histoire précédaient l’immolation du malheureux Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010 ; en particulier la révolte du bassin minier de Redeyef – Gafsa qui a résisté plus de six mois à la répression sévère des forces de police.

 

Après l’optimisme des premiers mois et les élections d’une assemblée constituante en octobre 2011, on attend, dans un délai d’un an, la promulgation de la nouvelle constitution et l’organisation d’élections. La révolution a ouvert une ère de liberté et d’action mais elle n’est pas encore achevée et il faut constater que certains partis ou certaines factions essaient d’imposer leur suprématie par la force et l’intimidation : ainsi des actions d’intimidation contre certains locaux syndicaux ou certaines universités comme à Tunis et à Sousse. La Tunisie est encore dans une période de turbulences mais on peut espérer que lorsque la nouvelle constitution sera rédigée et promulguée le pays retrouvera la paix civile pour peu que la situation économique se rétablisse.

 

Parmi les invités nous avons entendu le témoignage du jeune Hassan, 17 ans, arrivé à Paris après la révolution ; il termine sa formation dans un lycée professionnel avec l’intention de revenir en Tunisie plus tard. Il est venu avec Mohamed Bhar magnifique musicien et chanteur, qui nous a offert un intermède musical accompagné sur son luth : il a chanté la libération de la Tunisie et il a aussi chanté les espoirs de la Syrieayant demandé à un ami poète syrien – Samir Shkir - de lui écrire des paroles pour chanter aussi ce pays qui, depuis un an, rêve de liberté au prix de tant de sang.

 

Et puis, c’est le moment d’écouter Raja Chatila : il retrace l’Histoire compliquée de cette région du Moyen-Orient sans remonter à l’Antiquité mais seulement au XVIème siècle. La chronologie s’affiche sur l’écran et l’instabilité des frontières entre les États et leur dépendance de telle ou telle grande puissance est confondante. L’évidence est que ce pays, aux contours variables selon les époques, n’a guère connu de liberté oscillant entre dépendance étrangère et dictature interne. De 1510 à 1920 le pays est une partie de l’Empire ottoman. Tour à tour instrumentalisé par les Anglais ou par les Français, les Arabes se révoltent contre les Turcs ; un royaume d’Arabie est constitué avec le roi Fayçal en 1920. De fait, lors de la première guerre mondiale, en 1916,  le proche Orient est partagé entre Anglais et Français. La découverte du pétrole dans la région kurde de Mossoul va intéresser les Anglais s’orientant vers l’Irak. Le Liban, à majorité chrétienne, est dominé par les Français. Les grands événements de la région ne sont pas sans influence sur la Syrie : 1948, création d’Israël, 1956 affaire de Suez… Succession en Syrie de coups d’État jusqu’en 1961. Après avoir été ministre de la défense, Hafez Al Assad prend le pouvoir appuyé par son clan alaouite et  le culte de la personnalité s’installe: on voit partout la photo de Hafez avec ses deux fils : projet de dynastie et instauration d’un régime policier et de terreur. Le fils aîné, préparé à sa succession, est mort dans un accident de voiture quand meurt subitement Hafez en juin 2000. On appelle aussitôt Bachar Al Assad qui vit à Londres et se spécialise en ophtalmologie sans aucun intérêt pour la politique. Le voilà président à 34 ans et après 5 années d’ouverture et d’espoir de liberté retrouvée, l’étau se referme pour un système policier qui reprend de plus belle. Cette situation, jointe aux difficultés économiques croissantes, conduit aux révoltes réprimées dans le sang qui ne cessent pas depuis mars 2011. La répression sanglante et la torture exercée contre des enfants – 13 et 14 ans - qui avaient écrit un slogan sur un mur à Deraa « nous voulons la chute du régime » a été la goutte d’eau qui a fait déborder le trop plein de révolte.

 

Quelles perspectives ? Une opposition divisée à l’intérieur et à l’étranger : le « conseil national syrien » très hétéroclite. Les minorités – chrétiens, druzes, kurdes - ont peur. La grande peur serait une intervention armée comme en Libye. L’intervention de soutiens armés salafistes inquiète aussi. Situation mouvante, inquiétante… La montée en puissance d’un islam radical inquiète alors que ce pays ignore jusqu’ici les divisions religieuses : le clivage est économique et  la bourgeoisie de Damas qu’elle soit sunnite ou chrétienne ne considère pas les questions religieuses. L’avenir reste bien incertain.

 

Selon la tradition, le mot de la fin revient à Jacques Gaillot qui nous transmet sa conviction  que l’essentiel est de vivre le partage avec tous et surtout avec ceux qui rencontrent des difficultés : les « sans ».

 

Mohamed Bhar nous offre un dernier moment musical avant le traditionnel « pot » final.

 

Hélène Dupont, secrétaire de Partenia 2000

Toulouse le 21 mars 2012

 

 

 

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La Tunisie, 

 

Avec  Mouhieddine Cherbib , Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)

 

et avec Jacques Gaillot,  évêque de Partenia

 

 

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Jacques Gaillot, le DAL, la Tunisie (Gafsa), 2008

 

 

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Mouhieddine CHERBIB rentre en Tunisie le 13 février 2011.

10 février 2011 -    éditeur e-joussour

Notre ami Mouhieddine Cherbib a été condamné à deux ans de prison ferme dans le cadre du procès des leaders du mouvement social du Bassin minier de Gafsa en 2008, pour son rôle de soutien en France à la population de la région. Il vient de faire opposition à cette condamnation. Un nouveau procès a été fixé pour les 15-16 février 2011 à Gafsa.

Le CRLDHT veut profiter de cette occasion pour dénoncer le dysfonctionnement de la justice tunisienne sous le régime de Ben Ali et pour poser les questions de fond relatives à la réforme du système judiciaire tunisien afin d'aboutir à une justice indépendante et impartiale en Tunisie.

Une délégation de personnalités amies du peuple tunisien accompagner notre ami Mouhieddine. Elle sera composée de :

 

- Alima Boumedienne, sénatrice - Les Vert Europe Ecologie

- Bernard Dréano, CEDETIM

- Driss El Kherchi - Président de l'ATMF

- Gilles Monseron - Vice Président de la Ligue des Droits de l'Homme

- Jamel Jeni - Président Association Maghrébine des Droits de la Personne au Canda.

- Kamel Jendoubi - Président du REMDH

- Philippe Le Grand - LDH Nantes

- Michel Debon - SGEN-CFDT - Solidarité laique

- Mohamed Nemri - Président ATMF Argenteuil

- Abdesslem Lahcen Omar - Association des Familles des Prisonniers et Disparus Sahraouis

- Monseigneur Jacques Gaillot

- Razzi hammadi - Secrétaire National - Parti Socialiste

- Said Tahri - ATMF Mantes la Jolie

- Souhayer BelHassen , Présidente de la FIDH

 

 

 

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Voir aussi :

 

 

 

Redeyef :

le combat de la dignité. Ou la révolte de Redeyef et sa répression racontées par des femmes.

 

Cliquer sur :  Redeyef

 

 


 

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