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26 octobre 2012


Transmis par Clément Boursin (ACAT)


 October 24, 2012 - 18:47 RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

 

 floribert.jpg

 

 

 

AFFAIRE CHEBEYA : LA JUSTICE MILITAIRE “SAUVE” LE CHEF DE LA POLICE


“Nous ne pouvons plus désormais compter sur la justice congolaise. La seule solution consiste à saisir la justice internationale pour faire inculper toutes les personnes impliquées dans le meurtre de Chebeya et qui ici, au Congo, jouissent d’une impunité totale”, a déclaré à la MISNA Dolly Ibefo Mbunga, président de l’organisation de défense des droits de l’homme Voix des Sans Voix (Vsv), sise à Kinshasa, suite à la décision de la Haute cour militaire relative au procès en appel sur l’affaire de l’assassinat du militant.


Le président de la Haute cour a débouté les avocats des parties civiles de leur demande, exonérant de facto l’ancien chef de la police congolaise, le général John Numbi, de toute poursuite au pénal. Bien qu’il soit considéré comme le suspect numéro un dans le meurtre de Floribert Chebeya – ancien directeur exécutif de Vsv, retrouvé mort en juin 2010 dans la périphérie de Kinshasa – le général Numbi n’a jamais été appelé à comparaître devant la cour au procès en appel, alors qu’en première instance, l’ancien chef de la police n’avait été cité qu’en tant que témoin. Pourtant, les récentes révélations du major en exil Paul Mwilambwe, qui a explicitement accusé Numbi, avaient laissé espérer un tournant judiciaire dans l’affaire, mais en vain. L’une des trois mesures prises par la Haute cour a rejeté la demande présentée par les avocats de la famille Chebeya et de l’organisation Vsv et relative à l’inculpation du commissaire de division John Numbi.


La justice militaire s’est contentée d’opter pour une série de mesures pondérées visant à vérifier la véracité du témoignage de Paul Mwilambwe, policier fugitif condamné à la réclusion à perpétuité en première instance. “Ce n’est que de la poudre aux yeux. Ceux qui sont impliqués ont eu tout le temps nécessaire d’effacer soigneusement toutes les preuves”, a dénoncé Dolly Ibefo Mbunga, avant de déclarer à la MISNA que “malgré tous les obstacles et les risques que cela comporte, nous continuerons à lutter contre l’impunité et pour la justice et le respect des droits de l’homme”.


Dans le cadre de ses déclarations faites à des sources de presse françaises, Paul Mwilambwe a soutenu que le président de la République congolais, Joseph Kabila, avait directement donné l’ordre de faire assassiner Chebeya, témoin gênant des massacres commis en Equateur et à Bundu Dia Kongo. Le chef de l’Etat aurait fait appel au général Numbi, qui aurait à son tour chargé de la mission le major Christian Ngoy, auteur matériel du meurtre.


La Haute cour militaire n’a pas fixé la date de la prochaine audience du procès en appel des cinq agents de police qui ont été déjà condamnés en première instance, alors que trois autres ont été entre temps acquittés. Une peine de prison à vie a été infligée au numéro deux des services spéciaux de la police, Daniel Mukalay, et à Mwilambwe, à l’époque responsable de la sécurité près l’Inspectorat général de la police, où Chebeya aurait été assassiné avant que son corps ne soit remis dans son véhicule.

 

FloribertChebeya_2.jpg

 

Voir aussi :


http://www.afrik.com/affaire-chebeya-la-relaxe-du-general-numbi-est-un-scandale

 


 

 

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