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4 décembre 2012


Transmis par Omid Khadir


Le Monde.fr 

03 décembre 2012  


Des écrivains iraniens demandent la fin de la censure 


Une centaine d'écrivains, poètes et traducteurs iraniens ont demandé, dimanche 2 décembre, dans une lettre ouverte parue notamment sur le site de la BBC en persan, à ce que cesse l'autorisation préalable à la publication de leurs œuvres, que le ministère de la culture et de la guidance islamique accorde plus en plus chichement depuis 2009. 

"L'Iran est l'un des rares pays, en ce début de XXIème siècle, où les auteurs sont obligés de demander l'autorisation de l'Etat pour publier leurs œuvres, bien que cette obligation ne figure pas dans la Constitution", écrivent de grandes figures de l'édition iranienne, vivant en Iran et à l'étranger. Parmi eux : les poètes Simin Behbahani et Yadollah Royaï, qui réside à Paris. 

"Cela revient à prendre en otage la liberté d'expression, la création et le gagne-pain des auteurs, afin que l'Etat leur dicte ses points de vue. Cela sert à discriminer les écrivains et les pousse à l'autocensure (...)", peut-on lire dans cette lettre. 

Pour sortir l'édition iranienne de "cette situation minable", les signataires exigent que "les écrivains puissent réfléchir et exposer le fruit de leur réflexion et leur art librement". Ils accusent par la même occasion les chefs du ministère de la guidance d'être les principaux responsables de la baisse des tirages du livre. En juillet 2011, Mohammad Hosseini, ministre de la guidance, estimait que "le contrôle [la censure] est une nécessité, et pas un obstacle". 

En Iran, les maisons d'édition sont tenues de présenter chaque texte qu'elles envisagent de faire paraître au ministère de M. Hosseini, censé juger de la conformité de leur contenu avec la religion, la tradition et les bonnes mœurs. La censure semble fonctionner selon une liste de mots bannis, liés à l'alcool, à la sensualité ou au corps, qu'il s'agit d'"ajuster" ou tout simplement de supprimer. Parfois certains passages ou des pages entières doivent être retirés de l'ouvrage. 

"Nous sommes tous devenus des censeurs"

"L'écrivain est devenu censeur, je me censure moi-même. La censure [gouvernementale] a atteint un degré sans précédent et la confiance du lecteur a été perdue. Nous sommes tous devenus des censeurs", martèle Farkhondeh Hajizadeh, écrivaine et éditrice indépendante, elle aussi signataire de cette lettre, dans une interview accordée à Radio Farda.

Dans cette situation, certains auteurs et traducteurs renoncent à publier leurs travaux. Comme le célèbre poète iranien Seyed Ali Salehi, en novembre. Le ministère lui avait demandé de retirer 120 pages sur 150 d’un recueil de ses poèmes, s'il voulait voir le titre sortir en librairie. "Je suis profondément désolé qu'un recueil de poèmes, tiré entre 2000 et 3000 exemplaires à peine, fasse réagir ainsi les autorités", a déclaré Monsieur Salehi, également signataire de cette lettre.

Selon ce poète, la sévérité actuelle des censeurs étend un peu plus une vague de dépressions qui paraît faire fond dans la société iranienne. Mais Salehi refuse de désespérer. "Je présenterai mon nouveau livre très prochainement à ma maison d'édition", a-t-il annoncé.

 

 

Assal Reza

 

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