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3 octobre 2012


Transmis par Yves Grelet

 

4292756512

 

Faire bouger l'Église catholique

 

C'est le titre évocateur d'un petit livre du père Joseph Moingt qui vient deparaître chez Desclée de Brouwer.
(Photo de Daniel Fouray) 

 

A bientôt 97 ans, Joseph Moingt, jésuite et théologien de renom, se montre toujours aussi jeune d'esprit et incisif.

Son petit livre, intitulé Faire bouger l'Église catholique (1), nous en administre une nouvelle fois la preuve.

 

Ces réflexions sont au cœur des débats qui parcourent l'Église catholique aujourd'hui. Si Joseph Moingt partage avec ses pairs le constat d'une Église catholique qui ne va pas très bien, les solutions qu'il esquisse pour la revi-vifier sont assez différentes de celles que la hiérarchie propose. Il ne croit pas du tout qu'un retour en arrière permette d'affronter les défis contemporains.

 

Pour le dire rapidement, il "a acquis la conviction qu'un recentrage sur l'Évangile plutôt que sur la religion est nécessaire pour que l'esprit évangélique puisse être entendu du monde actuel."

Mais comme on peut le lire dans l'introduction de l'ouvrage:

"Cela exigerait une profonde mutation de l'Église afin de libérer l'expression responsable de sa base, c'est-à-dire de l'ensemble des fidèles. Or la notion de sacerdoce s'y oppose - telle qu'elle est actuellement définie - car elle maintient un monopole des clercs sur la vie d'une Église trop centrée sur le culte."

 

Mais, loin de se résigner, Joseph Moingt ouvre des pistes pour que l'Église retrouve un nouvel élan. Qu'il s'agisse de "promouvoir des vraies communautés d'Évangile, en allégeant l'institution",

 d'"offrir aux femmes une place digne de ce nom",

 ou encore de "revenir aux grandes intuitions du concile Vatican II". –

 

 Quelques extraits significatifs :

"Il est vain de penser que l'Église puisse changer ses structures : il lui faudrait se déjuger sur trop de points capitaux à ses yeux."

"Il est impossible que le pouvoir suprême de l'Église aille à l'encontre de la tradition qui l'a mise en place, et a-t-on jamais vu où que ce soit une administration se saborder pour se réformer ?"

"Une société qui ne produit plus de prêtres est une société qui ne désire plus se reproduire sur le modèle de son passé religieux.
"Quand on aura renoncé à ces vains espoirs, il paraîtra évident que le changement ne pourra venir que d'en bas, et quand des laïcs chrétiens l'auront amorcé, poussés par le souffle de l'Esprit, l'ensemble de l'Église saura y reconnaître la voie de son salut.
"La société aussi, l'Esprit nous en donne l'espérance. Car elle n'a rejeté si globalement le christianisme que sous son visage religieux et autoritaire, qui voilait sa réalité évangélique."
 

A méditer à quelques jours de l'ouverture du Synode des évêques sur la nouvelle évangélisation, du 7 au 28 octobre, à Rome. S'agit-il, prioritairement d'évangéliser à nouveau, ou d'évangéliser d'une nouvelle manière qui ne soit pas la restauration de pratiques inadaptées au monde d'aujourd'hui ?

 

1 : Faire bouger l'Église catholique, Joseph Moingt, DDB, 192 pages, 15 €.

 

Source de cet article :

http://religions.blogs.ouest-france.fr/archive/2012/10/01/moingt-fait-bouger-l-eglise-catholique.html

 

Ouest-France édition du  2/10/2012

 

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Permettez-moi de vous dire que je suis heureux et fier d’être dans la ligne des P. Gélineau ou Moingt :

 

La joie de vivre en  communauté 

 

couverture-livre.jpg


http://joie-en-communaute.over-blog.com/article-3756871.html

 

Un plaidoyer

Ayant connu durant plus de trente ans, la joie de vivre en communauté, je voudrais ici partager ma joie. Et lancer un plaidoyer pour la multiplication des petites communautés chrétiennes à taille humaine. En même temps, c’est un plaidoyer pour l’avènement d’un chargé ou d’une chargée de la communion (ex-prêtre) au sein de la communauté. C’est dans ce but que j’ai écrit ce livre. C’est avec le même objectif que je vous le propose ici, avec la possibilité de l’illustrer par davantage de photos et de vidéos. Et surtout avec la possibilité de vous permettre de réagir aux différents propos comme certains l’ont déjà fait. Envoyez vos réactions à gerardw@spiritains.org

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Alice Gombault, France

Gérard Warenghem, actuel président de Partenia 2000, ne s’est pas lancé dans un ouvrage théorique sur ce qu’est ou doit être une communauté chrétienne. Il se contente d’y vivre avec bonheur aussi bien dans les groupes de jeunes de la JEC que dans les communautés d’adultes. Ces expériences de la vie ordinaire avec des gens ordinaires sont pleines de fraîcheur.

Il assure l’unité et la communion, mais laisse l’animation et l’organisation aux membres du groupe. Avec le développement de ces petites communautés à taille humaine, il se heurte de plein fouet à la question des ministères.

Eclairé par cette expérience, selon la méthode du Voir, Juger, Agir, il pose en dernière partie la question : « Et si c’était à refaire … » et pose des repères tout simples pour une action éventuelle.

Toujours proche de la réalité quotidienne, il faut lire les dix belles pages sur son rapport au sacré. Il est conscient de la « révolution copernicienne », selon le mot d’Albert Rouet, qui transforme le statut du prêtre ; ce n’est plus autour de lui que tourne la communauté, mais lui qui tourne autour d’elle. C’est elle, avec ses besoins et son visage propre, qui est prioritaire. Mais, une telle révolution ne suffit plus :

« Vienne le temps où plus personne ne tournera plus autour de personne. Vienne le temps où nous serons tous les uns avec les autres, vienne le temps où le prêtre, autrement dit le chargé de la communion, marié ou non, homme ou femme, sera comme tout un chacun, membre à part entière de la communauté, et surtout plus jamais membre entièrement à part ! »

Alice Gombault[1]  

dans Les Réseaux des Parvis, septembre 2004, n°23

 

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Voir  au chapitre 16 :

http://joie-en-communaute.over-blog.com/article-3756746.html


Comme l’écrivait dans La Croix du 15 novembre 1991, le Père Gélineau : « Si du jour au lendemain, on avait des prêtres dans toutes les paroisses, par exemple en ordonnant des pères de famille, ceux-ci pourraient-ils faire autre chose que de reconduire le modèle du prêtre hérité de la société chrétienne, et toujours en vigueur ? »

et

Le nombre des prêtres allant plutôt en diminuant, un nouveau modèle devrait petit à petit prendre la relève de celui qui n’est pas encore tout à fait mort. Certes, dans certains pays, il semble qu’il y ait des prêtres, sinon en abondance, au moins suffisamment. Malheureusement, sans vouloir généraliser, il faut tout de même entendre la réflexion de ce jeune ivoirien qui remarquait : « Jésus Christ ne brûle pas dans le cœur de tous ces prêtres ».