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Transmis par Pablo

 

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   ASKATASUNA
  
14 Bourgneuf Karrika 64100 Baiona/
      14 Rue Bourgneuf 64100 Bayonne
     
 
  

 

Vous trouverez ici le texte de la conférence de presse qui a eu lieu aujourd'hui 23 novembre à Bayonne. 


CONFÉRENCE DE PRESSE


Présents : Etxerat (familles de prisonniers politiques), Askatasuna, CAR, des parents de militants tués en conséquence du conflit, des réfugiés politiques, des anciens prisonniers.

 

Un processus de résolution du conflit a été mis en marche en Euskal Herria grâce à l'énorme travail de la gauche abertzale et à l'engagement de nombreux acteurs politiques et sociaux basques et internationaux. Des pas extrêmement importants ont été faits, et ces dernières semaines ce processus a connu une nouvelle accélération.

 

Les gouvernements espagnols et français ont, jusqu'à maintenant, montré une réaction extrêmement décevante et regrettable. Après s'être hypocritement félicités de ce qu'ils ont appelé une « victoire de la démocratie », ils ont tranquillement repris leur travail de répression de toutes les revendications émanant de ce peuple, tournant le dos à l'occasion historique qui s'offre à eux. L'État français a, comme toujours, spécialement brillé par sa fourberie, en continuant de qualifier le conflit basque, par la voix de son ministre de l'Intérieur et de quelques-uns de ses relais locaux, de « problème espagnol ».

 

L' État français, auto-désigné « pays des droits de l'Homme », champion des leçons de morale et de démocratie dans le monde entier, est pleinement partie dans ce conflit :

 

    Il participe au quotidien à la tentative d'anéantissement en tant que personnes et en tant que militants des des prisonniers politiques basques, dont 137 se trouvent dans ses prisons : éloignement, entraves incessantes à la communication, harcèlement, surveillance spéciale, mauvais traitements lors des extractions. Au niveau judiciaire également les mesures d'exception sont devenues la norme depuis longtemps : très longues préventives, condamnations plus longues, refus des confusions de peine, refus des libérations conditionnelles même quand toutes les conditions exigées par loi sont réunies...

 

    Il participe pleinement à la politique criminelle appliquée aux familles et amis des prisonniers, qui ont été et sont encore des milliers à parcourir chaque semaine les routes de la dispersion à la française.

 

    Il participe au harcèlement des réfugiés politiques, il est directement responsable de la déportation de dizaines d'entre eux.

 

    Il a offert son total soutien à l'action du GAL, de même qu'au groupe responsable de l'enlèvement et de l'assassinat de Jon Anza, dont il caché le corps. Il est responsable de la disparition encore inexpliquée à ce jour de Popo Larre. Il est responsable de la mort de militants basques, notamment dans les prisons.

 

   Il protège et cautionne la torture en acceptant des MAE reposant sur des déclarations ainsi arrachées dans les casernes espagnoles.

 

    Il protège et cautionne les illégalisations de mouvements politiques et sociaux et la criminalisation de la solidarité de la même façon.

 

    Il harcèle lui même de toutes les façons possibles les militants d'Ipar Euskal Herria.

 

    Il réprime les mobilisations, oppresse et cherche à effrayer la jeunesse par des pressions et des menaces.

 

    Il fiche massivement la population.

 

    Il répond par le silence et le mépris à toutes les dynamiques, projets, demandes, propositions, revendications émanant de ce peuple.

 

Nous, les anciens prisonniers, les familles, les réfugiés, les déportés et leurs familles, les proches de militants tués en conséquence du conflit, les victimes des différents épisodes de guerre sale que les deux États nous ont infligés, les militants subissant le harcèlement policier et judiciaire de l'État français, sommes des milliers. Des milliers de preuves vivantes de l'hypocrisie de leurs déclarations. Nous sommes la vérité qu'il est impossible, malgré tous les efforts qu'ils déploient pour cela, de dissimuler.

 

Nous ne sommes pas la cause du conflit, nous en sommes la conséquence. Et notre message est extrêmement clair :

Euskal Herria a besoin d'un processus démocratique. Nous avons besoin de la fin de la répression et de la résolution immédiate de toutes les situations inacceptables qu'elle entraîne. L'État français doit cesser le harcèlement des militants, doit mettre fin aux mesures et législations d'exception dont il a fait la norme en Euskal Herria. Il doit respecter les droits de chacun, notamment ceux des prisonniers, dans la voie de l'Amnistie totale. Totale car elle doit être menée dans le cadre d'une résolution intégrale.

 

C'est pourquoi, plus important encore, nous avons besoin de la résolution des véritables racines du conflit : la négation de notre peuple et de ses droits civils et politiques. L'État français, comme l'État espagnol, doit reconnaître notre existence, reconnaître sa participation au conflit, mettre en place les conditions pour sa résolution. Parmi celles-ci, il doit reconnaître les Collectifs de prisonniers et de réfugiés et garantir leur participation en liberté au processus, comme acteurs politiques de premier plan. Un processus auquel certains seraient empêchés de participer n'aurait de démocratique que le nom.

 

Et le processus démocratique est incontournable, car c'est la seule voie possible vers une résolution juste et intégrale, vers le respect des droits qui étaient bafoués jusqu'alors, vers un avenir plus serein pour les générations suivantes parmi lesquelles plus personne ne doit être tué, arrêté, torturé, emprisonné ou chassé de son pays, mais aussi qui doivent pouvoir décider de leur futur en liberté. Nous réitérons notre engagement dans cette lutte, où nous emploierons toute notre énergie, expérience et détermination dans l'accumulation de forces pour le respect des droits de chacun.

 

En ce sens, nous considérons extrêmement positif et saluons chaleureusement le travail mené par le collectif d'acteurs politiques et sociaux réunis pour la résolution démocratique du conflit. Nous nous joignons à leur appel à participer à une manifestation le 10 décembre prochain à Bayonne sous le slogan « Résolution démocratique maintenant ! ». Nous lançons un large appel à la société basque, aux citoyens et acteurs politiques et sociaux, à participer eux aussi à la réflexion générale et à la construction du processus ainsi qu'à ce rendez-vous important, qui sera suivi de beaucoup d'autres, autant qu'il le faudra pour le respect de notre parole et de nos droits.

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REVOIR : http://dai.ly/dOXYMR

 

 


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