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Transmis par Juan Salazar


Voici une information passée sous silence (ou presque) par presque tous les médias.
110 000 manifestants pour un peuple de 3 millions, ce serait plus de 2 millions à Paris ...
Juan

 

 

LE CRI DU PEUPLE BASQUE

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IMAGE DE LA COLOSSALE MANIFESTATION QUI A PARCOURU

LES RUES DE BILBO

Les organisateurs de la manifestation de samedi 7 janvier 2012 pour les droits des prisonniers basques l’avaient annoncé depuis plusieurs mois : “Kolosala izango da” (ça sera colossal). Ce fut le cas. Plusieurs dizaines de milliers de personnes (110 000 selon le quotidien Gara) ont participé à cette mobilisation.

Avant même le départ de la tête de la manifestation, le parcours de celle-ci était déjà noir de monde, la foule débordant même sur les rues adjacentes. Une foule pour le moins diverse avec des gens de tous âges et venant de tout le Pays Basque et même au-delà avec notamment la présence de nombreux élus catalans.

Derrière une banderole bilingue en basque et anglais réclamant le retour des prisonniers au Pays Basque avec tous leurs droits (“Eskubide guztiekin euskal presoak Euskal Herrira ! Repatriate all basque prisoners !”) se massaient représentants d’organisations politiques et syndicales et personnalités du monde de la culture. Ils étaient précédés par plusieurs centaines de proches de prisonniers basques qui formaient cinq longues files qui, en fendant la foule, provoquaient une ovation ininterrompue et beaucoup d’émotion.

Partis à 17h35 de la place de La Casilla, les porteurs de la banderole de tête sont arrivés devant la mairie à 18h50 et, alors que beaucoup commençaient à peine à partir du lieu de départ, a eu lieu la prise de parole.

Lors de celle-ci, Jon Garai, au nom des 15 000 signataires du manifeste, a déclaré : “Il n’y a plus d’excuses. [...] A partir de demain, la société basque n’attend pas d’autre scénario qui ne soit pas celui dans lequel disparaîtront les cruelles mesures d’exception qui s’appliquent aux prisonniers basques”. Des représentants de la gauche abertzale, d’EA, d’Aralar, d’Abertzaleen Batasuna et des coalitions Bildu et Amaiur se sont adressés aux Etats français et espagnol pour qu’ils prennent en compte les revendications exprimées par la manifestation et modifient leurs politiques pénitentiaires.

Si le gouvernement français n’avait toujours pas réagi hier, le gouvernement espagnol l’a fait par le biais de son nouveau ministre de la Justice, A. Ruiz-Gallardón. Celui-ci, lors de la cérémonie d’investiture du nouveau délégué du gouvernement espagnol dans la Communauté autonome basque, a rejeté toute mesure de “grâces collectives” qui, selon lui, sont interdites par la Constitution espagnole. “Toutes les décisions qui seront adoptées exigeront une disposition individualisée de la part des prisonniers”, a-t-il affirmé, ajoutant que les prisonniers basques “doivent faire une demande de pardon et montrer une volonté de réparation envers les victimes”.

En revanche, le président du PNV, Iñigo Urkullu, a déclaré sur son blog qu’il “n’y a pas de raisons” pour maintenir la dispersion des prisonniers basques. Quant au président socialiste de la Communauté autonome basque, Patxi López, il a affirmé qu’il existe un “consensus quasi général” sur le fait qu’“une autre politique pénitentiaire est possible”.

La gauche abertzale a, elle, répondu aux déclarations du ministre espagnol de la Justice en estimant que c’est le gouvernement qui doit abandonner la “politique d’exception qui s’appliquait de forme collective” aux prisonniers basques et appliquer à ceux-ci la législation ordinaire, ce “qui conduirait à l’immédiate libération” de plusieurs centaines de prisonniers et au rapprochement du Pays Basque de tous les autres.

Le manifeste et les revendications

Une nouvelle ère politique s’ouvre en Pays Basque.

Ces dernières années, de nombreux acteurs sociopolitiques, syndicats, et autres organisations ont fait des efforts considérables afin de trouver une solution juste au conflit qui secoue notre nation, efforts qui commencent à porter leurs fruits. Ainsi, aujourd’hui, on ne peut nier que nous essayons de mettre notre pays sur la voie de la paix et de la démocratie.

Il nous reste encore beaucoup à faire, mais le chemin déjà parcouru n’est pas petit. Nous avons, à travers les discussions, les différents accords et décisions qui ont été pris ces derniers mois, posé les bases pour une résolution du conflit.

Nous continuons d’avancer petit à petit, pas à pas sur ce chemin. Dans ce processus de résolution du conflit, nous devons regarder attentivement quelles en sont les raisons et les conséquences. Et cela nous amène à parler, entre autres, des prisonniers politiques basques et de leur situation. Ces derniers mois et semaines, nombreux ont été ceux qui se sont intéressés à ce thème : des signataires de l’Accord de Gernika, en passant par les partis politiques du Pays Basque et de l’Etat espagnol, qui nous ont fait parvenir leurs idées à ce sujet. Même les organisations internationales qui travaillent sur les droits de l’Homme pensent qu’il est indispensable de parler de la situation des prisonniers politiques basques.

La situation des prisonniers est un thème important de l’agenda politique. De notre côté, nous sommes sûrs que nous devons amener la politique pénitentiaire vers le chemin de la résolution. C’est en ce sens, que nous pensons très intéressantes les solutions appliquées au problème des prisonniers lors des phases de résolution de conflit en Irlande et en Afrique du Sud.

Oui, la situation des prisonniers est un thème important de l’agenda politique, mais la politique pénitentiaire continue, aujourd’hui encore, à bafouer les droits les plus élémentaires. De nombreux prisonniers sont maintenus en détention, bien après la fin de leur condamnation. Les prisonniers malades sont encore détenus dans les prisons françaises et espagnoles. La dispersion est source de nombreux accidents. Ce sont des situations graves, très graves, il est urgent d’y remédier.

Devant cette situation sans issue, l’implication de la société est importante, voire indispensable. La majorité politique, syndicale et sociale du Pays Basque a déjà demandé à maintes reprises la fin de cette situation intolérable, mais elle perdure.

C’est pour cela que nous pensons qu’il est temps que nous intensifions la mobilisation.

Nous, organisations, collectifs et individus, nous sommes d’accord avec ce manifeste, et nous demandons à qui de droit, que les mesures suivantes soient immédiatement prises :

1. Le regroupement des prisonniers politiques basques en Pays Basque

2. L’abandon de la doctrine 197/06 qui sévit dans l’Etat espagnol, et la libération immédiate de tous les prisonniers politiques basques ayant fini leur condamnation.

3. L’abandon des condamnations à perpétuité en cours dans l’Etat français, et la mise en liberté des prisonniers politiques basques en leur accordant la liberté conditionnelle.

4. La mise en liberté des prisonniers ayant effectué les 3/4 de leur peine.

5. La mise en liberté des prisonniers gravement malades, et que des mesures adéquates et nécessaires soient prises envers les prisonniers souffrant d’affections plus légères.

6. Un changement dans la politique pénitentiaire menée par les états français et espagnol, comme une clé de la résolution du conflit, et ce afin d’interagir de façon positive dans cette nouvelle ère qui vient de s’ouvrir sur le chemin de la résolution du conflit.

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