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Une bien triste nouvelle : notre ami, Charles Poulet, directeur de La Lettre de Partenia, nous a quitté samedi dernier, le 29 octobre 2011. Il avait 94 ans.

 

La messe sera célébrée dans l'église de Parnac - 36 170 - (Indre) le Samedi 5 novembre à 15 heures.

 

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Un A – Dieu à Charles


Directeur de notre publication « La Lettre de Partenia », Pierre Pierrard nous quittait en décembre 2005. Depuis, Charles avait accepté de lui succéder, et chaque trimestre il nous donnait un éditorial.


Une vingtaine de numéros, une vingtaine d’éditoriaux. Malgré son grand âge (94 ans), malgré sa difficulté à nous entendre, Charles avait encore l’esprit vif, et acéré. Les sujets les plus divers retenaient son attention et souvent son indignation. D’une voix forte, sans faire de longs discours, il disait ce qu’il avait à dire. Et il écrivait. Tout au long des vingt derniers numéros de La Lettre, j’ai glané quelques unes de ses  convictions.

Le Liban, l’Irak, la Palestine, Israël  revenaient  souvent. En septembre 2006 : « Prenant ma plume, je ne peux m’empêcher d’évoquer le drame libanais au mois de juillet dernier. Certes Israël a le « droit de se défendre » mais au nom de quelle loi a-t-il le droit de détruire tout un pays… sans déclaration de guerre ».

En juin 2007, c’est sur ce qui se passe en France qu’il intervient : « Comme beaucoup d’autres, j’ai trouvé que nos candidats  et candidates restaient bien silencieux sur l’avenir de l’Europe. Oublier Rome, Berlin, Bruxelles, et bien d’autres capitales pour ne brandir que notre attirail électoral franco-français, c’est bien regrettable ».

Evidemment, le diocèse de Partenia était son diocèse ! En décembre 2007, il écrit : « Depuis le 13 janvier 1995, Mgr Gaillot a été nommé évêque de Partenia… Depuis cette date, Mgr Gaillot est devenu peu à peu le symbole d’une église de dialogue, compréhensive, libre, sachant s’adresser à ses contemporains, hors le milieu restreint de l’institution. On le voit en effet très actif, en France et à l’étranger».

En juin 2008, il revient sur quelques uns de ses « dada » : le vote blanc, le cumul des mandats : « Sans vote proportionnel, le parlement représente mal l’opinion générale ; le cumul des mandats, les fonctionnaires au parlement, les ministres cumulant des mandats locaux et nationaux, le vote blanc considéré en France comme nul, des élus qui changent de mandat en cours de législature, se moquant ainsi du corps électoral, tout ceci est grave et il serait temps d’y remédier de toute urgence… mais notre nouveau Président de la République élu il y a un an est loin de donner l’exemple ».

Un autre sujet de réflexion, d’indignation : « Mourir de faim en 2008 ». Ce fut le titre de son long éditorial pour le numéro 50 de La Lettre de Partenia. Dans cet éditorial, il souligne des points positifs, des pistes d’action prometteuses.

En 2009, le pape se rend en Israël et en Palestine. Mais Charles regrette : « Il ‘a pas été à Gaza, il n’a passé qu’une heure avec les réfugiés du camp d’Aïda de 5000 habitants. Créé en 1948, c’est l’un des plus petits des territoires palestiniens ».

Et puis, l’écologie, le nucléaire, la démocratie, le parlement, impossible de tout reprendre !

Je vais conclure avec les dernières lignes de son éditorial du numéro 53. C’était en septembre 2009 : « Nourrir l’intelligence et les cœurs, encourager l’engagement dans la cité, surtout auprès des plus démunis. Epousons notre temps pour que la société dans laquelle nous vivons soit enfin plus juste ».


Nous garderons en mémoire ces lignes de Charles, qui signait toujours : « Charles Poulet, citoyen du monde ».


Avec  le Conseil d'administration,  Gérard Warenghem, Président de Partenia 2000

 

 

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Message pour la célébration de Charles Poulet

 

Charles, je trouvais que ta frêle silhouette tranchait toujours avec la vigueur de tes éditoriaux dans la Lettre de Partenia.

La dernière fois que je marchais à tes côtés dans la rue, je craignais de te voir tomber, tant tu me paraissais faible! Mais toi  tu me parlais avec conviction et force de l'injustice faite au peuple palestinien. "C'est inacceptable" me disais-tu.

Charles,  tu es mort comme tu as vécu. Il y a une manière de vivre et de mourir qui ne conduit pas à la mort.

Merci de ton témoignage. Au revoir. A-Dieu

 

Jacques Gaillot

Evêque de Partenia

Paris, le 3 novembre 2011

 

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