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30 mars 2012


Suite de : http://partenia2000.over-blog.com/article-les-politiques-agricoles-affament-le-monde-100317028.html


 

« LES POLITIQUES AGRICOLES AFFAMENT LE MONDE »

 

 

 

2. Projection du documentaire « Terres à taire »

 

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suivie d’un débat avec la participation intéressante et sympathique d’Oscar Martinez-Gomez.  


 

 

 

 

Terres à taire - Histoires de soja ici et là-bas

Pour nourrir ses élevages de porcs, de volaille et de bovins, la Bretagne importe chaque année 2 millions de tonnes de soja depuis le Brésil, l’Argentine ou le Parguay.

 

Un groupe de 8 jeunes bretons, pour la plupart issu du milieu rural et impliqués dans des réseaux CCFD-TS ou MRJC, se sont intéressés à cette dépendance et à ses causes à la suite de l’accueil en 2008 d’une partenaire du CCFD-TS venant du Paraguay.

 

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Pendant un mois, ils sont partis à la rencontre des acteurs de cette filière et de tous ceux qui sont laissés de côté et qui pâtissent de l’expansion incontrôlée du soja.

 

Ils ont souhaité rendre compte de ce qu’ils ont vu et vécu au Paraguay et mettre cette situation en relation avec l'agriculture bretonne mais aussi avec nos comportements de consommateurs, en cohérence avec la démarche de sensibilisation menée par le CCFD-Terre solidaire autour de notre modèle de développement.

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C'est quoi cette histoire de soja ?


(extraits du document d’accompagnement du DVD)

Les animaux d'élevage sont les principaux consommateurs de protéines végétales. Ils en mangent sous forme de protéagineux (pois, lupin, féverole), de fourrages déshydratés (luzerne) et surtout de tourteaux d'oléagineux (colza, tournesol, soja). L'alimentation des volailles, des porcs et des bovins-lait se compose d'une association protéines/énergie fournie actuellement par une association oléagineux/céréales. Les protéines végétales sont donc, avec les céréales (blé, maïs, orge), une des principales matières premières des aliments du bétail achetés par les éleveurs.

 

A l'échelle mondiale, la source principale de protéines végétales pour l'alimentation du bétail est le tourteau de soja (60 %).


Pourquoi le choix du soja ?

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Le soja est l'un des oléagineux qui fournit le plus de protéines : une graine de soja contient environ 20% d'huile et 40% de protéines. De plus, sous peine de chute de la croissance, la ration des monogastriques doit comporter obligatoirement une dizaine d'acides aminés indispensables. Or les céréales sont pauvres en protéines et en particulier en lysine. Le tourteau le plus riche en lysine est celui du soja. Ceci explique, d'un point de vue technique, le choix du soja.

Ce choix est bien évidemment appuyé par des raisons économiques :

• la possibilité de l'importer à de faibles coûts

• les pratiques d'élevage hors-sol privilégient, pour une croissance plus rapide, l'achat d'aliments concentrés en protéines

Or, d'autres protéagineux ou oléagineux, cultivés en France, pourraient se substituer au soja : pois, lupin, féverole pour les premiers, tourteaux de colza et de tournesol pour les seconds.

 

Depuis le milieu des années 90, de plus en plus d'agriculteurs européens tirent les enseignements des crises de la vache folle et de la méfiance à l'égard des OGM. Ces crises renforcent la pertinence et l'intérêt d'une autonomie en protéines encore plus poussée au niveau des élevages et au niveau des territoires. En raccourcissant les circuits d'échange et en relocalisant les surfaces de production végétales à proximité des élevages consommateurs, beaucoup de problèmes relatifs à la traçabilité des aliments pour les animaux se trouveraient résolus.

 

 

 

Résumé des alternatives au soja :

Pour les bovins-lait : retour à des systèmes majoritairement herbagers.

Pour les porcs et les volailles : incorporation d'autres sources protéiniques produites plus localement.

Pour toutes les filières : soutien de la recherche publique aux alternatives techniques, développement de références et de cahiers d'alimentation adéquats, désintensification des modes d'élevage, recherche d'autonomie sur les exploitations, développement des circuits courts de commercialisation ...

 

 

Le soja dans l’Union européenne

L'Union Européenne (UE), 1er importateur mondial en protéine, végétales, est dépendante de l'extérieur pour près de 80% de ses besoins. La diminution de cette dépendance est un enjeu pour l'UE et au regard des conséquences désastreuses de l'expansion de la culture du soja en Amérique Latine.

Il faut souligner la façon dont le, importations massives de soja sont associées à un modèle de production agricole fortement productiviste et spécialisée. La remise en cause du « système soja » ne peut donc être séparée d'une réflexion sur les modèles agricoles, en faveur de l'autonomie et de la relocalisation de la production. Elle doit de fait aller de pair avec une désintensification de la production européenne et un changement des habitudes alimentaires (consommer moins de viande).

Des politiques publiques seraient nécessaires pour mettre en œuvre cette nouvelle orientation. Différents leviers d'actions (marchés, structuration de filière, pratiques agricoles, techniques d'élevages…), ciblant différents acteurs (agriculteurs, coopératives, conseillers techniques, chercheurs, consommateurs...), devraient être mobilisés afin d'accompagner la profession agricole dans le développement sur le moyen et long terme des légumineuses au sein de systèmes de production économes en intrants.

 

Sur le plan local : Inciter et favoriser, y compris à travers l'orientation des soutiens financiers, des productions de qualité dans le cadre de filières courtes. Cela permettrait au consommateur de pouvoir s'alimenter en denrées animale, (viande, œufs, lait) produite, de façon moins intensive (alimentation à base d'oléo-protéagineux produits localement), aux qualités sanitaires supérieures (sans OGM, moindre consommation d'antibiotiques) et moins préjudiciables à l'environnement (lien au sol avec valorisation des déjections animales).

 

Sur le plan national : Un certain nombre d'actions sont possibles en

• ciblant des mesures agro-environ-nementales en soutien aux pratiques d'autonomie alimentaire et énergétique sur les exploitations, et qui ont un impact favorable à l'emploi, l'environnement et la qualité des produits

• favorisant le développement des filières courtes d'agrocarburant (huiles brutes de colza ou tournesol) qui peuvent permettre à travers un développement local de favoriser l'autonomie des fermes (production d'huile comme carburant et de tourteaux comme protéines pour les animaux)

• réorientant les crédits du développement agricole vers une agriculture réellement économe et autonome en protéines et en énergie

• renforçant les synergies entre le développement et la formation afin d'accompagner plus largement les agriculteurs dans cette démarche

• réorientant la recherche publique et lui donner de réels moyens pour qu'elle travaille sur des systèmes alternatifs qui répondent aux attentes et aux enjeux actuels.

 

Sur les plans européen et mondial : L'Union européenne doit dénoncer les accords commerciaux de Blair House (1992), par lesquels elle renonce au développement de sa production de protéines végétales. Par ailleurs, la reconquête de l'autonomie en protéine de l'Europe dans le respect des autres pays et des agriculteurs du monde (dans ce cas petits producteurs de soja en Amérique latine) ne peut se faire que sur le principe de la souveraineté alimentaire. Ce dernier repose sur le droit d'un pays ou d'un groupe de pays à définir sa politique agricole et alimentaire. Cela signifie pour l'UE, l'abandon de sa prétention à une «vocation exportatrice» au profit d'une relocalisation de l'agriculture et du maintien de la préférence communautaire.

Parallèlement, l'UE doit reconnaître et défendre, auprès des institutions internationales, le droit pour les pays du Sud à protéger leur, marchés agricoles.

 

 

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On peut se procurer le DVD en envoyant un chèque (10€ + 1€ de frais de port) à l'adresse suivante : Elise-Anne Nicolas, Rodaven, Bat 2 App 26, 29150 Châteaulin.

Les réalisateurs nous autorisent (et même nous invitent) à le projeter en public, sans avoir aucun droit à payer, pourvu que les entrées ne soient pas payantes.

 

 

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