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4 octobre 2012


Transmis par Georges Vimard


Georges Vimard était avec nous au Conseil d’administration de Partenia 2000. Il est parti pour El Golea. En faisant une escale à Alger.

 

P1190314.JPG

 

Alger, le 1 octobre 2012

 

Bonsoir Gérard

Grand bonjour aux parteniens de tout bord et à notre évêque. Je ne désespère pas d'aller à Partenia, histoire de vous préparer un parcours jusqu'à El Goléa.
Très amicalement à toi et à toute la rue Lhomond
Georges

 

 

«  Tu seras au pair le mois d’Août à Notre Dame d’Afrique ! »

 me dit  l’évêque Claude en débarquant à Alger «  …Et puis il y a un orgue où tu pourras t’exercer pendant les visites. »

Dès le lendemain,  Bernard le recteur, Père René, Soeur  Gertrud et toute l’équipe d’accueil m’initiaient à l’histoire de l’imposant  monument qui domine la splendide baie d’Alger.

Une autre histoire allait commencer en ouvrant chaque jour les portes de la basilique aux nombreux visiteurs qui gravissaient  les marches,  semblant sortir de la mer.

 

« Ici, ça résonne, » s’écriait un enfant en  s’essayant la voix. Bien des voix résonnent en effet.  Chants des  pèlerins arrivés de France aux premières heures de la colonisation en 1830 et qui ont gravé dans le marbre leur passage sur les  nombreux ex- voto.

Voix des premiers Pères Blancs et Sœurs Blanches qui confiaient ici leur mission au moment où leurs  caravanes s’élançaient  vers le continent africain.

Dans les événements dramatiques de la guerre d’Indépendance, résonne la haute voix du cardinal Duval. Il croyait viscéralement, et quelques autres avec lui, à un avenir possible des chrétiens en Algérie.

Enfin,  un jour de mai 1996, ce sera le grand silence de huit cercueils dans le chœur  de la basilique, devant une foule de chrétiens et de musulmans- des images qui ont fait le tour du monde : « S’il m’arrivait un jour- et  ce pourrait être aujourd’hui- d’être victime du terrorisme…j’aimerais que ma communauté, mon Eglise, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNEE à Dieu et à ce pays » Testament de frère Christian, prieur de Thibirine.   

Sur les murs de la chapelle- Est, les Pères Blancs ont aménagé un discret mémorial autour de la tombe du cardinal Duval, vingt cinq plaques créées par un artiste algérien où figurent les noms des religieux et religieuses assassinés pendant « les années noires ».

« -Ne parlez pas de « guerre civile », me reprend une jeune algérienne, mais « des années de terrorisme. » 

 

Toute rencontre, comme toute écriture,  est risquée.

Quand je m’avance pour souhaiter la bienvenue à des familles entières,   des personnes seules, des jeunes,  où plus rarement des touristes de passage, je ne sais pas où ça nous mènera.

Simple curiosité : l’origine du monument, ses dimensions ; l’usage des bancs, des  statues, des fresques,  de l’autel, de l’orgue…tout ce qui fait un environnement différent d’une mosquée, la première impression est souvent d’admirer l’espace, la lumière, le calme ; et la propreté.

 

Là, des amoureux sont assis l’un contre l’autre et se parlent à voix basse, sûrs que dans une église, on ne viendra pas les déranger.

D’autres personnes,  seules,  yeux clos,  murmurent aussi ; vers un autre Amour.

C’est là qu’il faut respecter  chacun et  ne pas trop hausser la voix quand je commente les fresques de la chapelle de St Augustin qui évoquent les origines de l’Eglise d’Afrique du Nord qui existait  «  bien avant l’Islam » !

«- Oui, mais l’Islam  est venu qui récapitule toute l’histoire religieuse…On t’entendra là -dessus une autre fois ! » (  ce qui  peut s’ entendre  aussi positivement !)

 

Dans toutes ces rencontres,  mes petites connaissances sur la religion musulmane et mes échanges avec des amis musulmans de Caen et de Paris sont bien utiles. C’est passionnant  de confronter, d’ajuster  le discours chrétien, ce qu’il m’est donné de croire de ma vie chrétienne et d’accueillir la vérité de l’autre pour vivre la mienne.

« -Prudence, prudence ! » me lancent les collègues réalistes qui vivent en Algérie  de longue date, en Islam, les mots n’ont pas le même sens.

Alors, je me prends à rêver d’une collection qui éditerait ensemble  « Un christianisme pour les nuls. »  et  « Un islam pour les nuls ».

A l’accueil  du magasin de la basilique, on ne vend pas seulement bougies, statuettes et chapelets, ou  cartes postales et livres d’art. La personne présente  sait orienter les demandes d’approfondissement de certains visiteurs  vers les centres reconnus que l’Eglise  anime, centres déjà anciens ou nouvelles initiatives : ainsi les Pères Blancs d’Alger ont-ils lancé l’année dernière une  « école  de la différence »,  plate forme de rencontres entre jeunes musulmans, chrétiens, étudiants sub -sahariens.

 

« Tu seras au pair pendant un mois !… » Dans  ces  premiers contacts qui m’ont été donnés,  je crois être  devenu un peu plus frère.  Quand  je montrais là- haut,  sur la fresque du chœur, le portrait de frère Charles,  évoquant mon prochain départ pour El Goléa, là où se trouve son tombeau qui fait toujours signe- on m’adressait parfois  de ces mots spontanés, joyeux d’encouragement, de vraies petites  bénédictions.

 Comment ne pas voir là le langage que Dieu nous tient à travers toute relation toujours en voyage. C’est de ces voyages là que je vous souhaite  pour la rentrée, singulière ou plurielle

ellA h isellkum !

 

Georges Vimard

 

 

Quand je serai " installé" je vous ferai un reportage!

Voici déjà quelques photos :

 

 

 

 

 

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