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Vu sur La Vie

Les couvents vides doivent servir ”pour les réfugiés”, affirme le pape

AYMERIC CHRISTENSEN 
CRÉÉ LE 10/09/2013 / MODIFIÉ LE 10/09/2013 À 20H16

 

© Riccardo De Luca/AP/SIPA

© Riccardo De Luca/AP/SIPA

http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/les-couvents-vides-doivent-servir-pour-les-refugies-affirme-le-pape-10-09-2013-43850_16.php

Une visite strictement « privée », voilà comment a été présentée la visite, mardi 10 septembre, du pape François au Centre Astalli de Rome. En réponse à une invitation du père Giovanni La Manna, directeur de ce centre administré par le Service des jésuites pour les réfugiés, le pape est allé à la rencontre des migrants qui viennent chercher une aide dans ce lieu.

Durant son discours, il a insisté sur le fait que « la charité qui laisse le pauvre tel qu’il est ne suffit pas ». Estimant que « la vraie miséricorde demande justice, veut que le pauvre puisse trouver la voie pour ne plus l’être », François a notamment lancé un appel aux ordres religieux et à l'Eglise toute entière : « Les couvents vides ne servent pas à l’Eglise pour qu’elle les transforme en hôtels pour gagner de l’argent. Les couvents vides ne sont pas à nous, ils sont pour la chair du Christ : les réfugiés ».

« Bien sûr, a-t-il ajouté, ce n’est pas si facile... Il faut du discernement et de la responsabilité, mais il faut aussi du courage. Nous faisons déjà beaucoup de chose. Peut-être sommes-nous appelés à faire davantage, en accueillant et en partageant ce que la Providence nous a donné pour servir les autres, avec détermination. »

« C'est important pour l'Eglise toute entière de ne pas laisser seulement aux ”spécialistes” l'accueil des pauvres et la promotion de la justice. Les pauvres ont besoin d'être pris en compte dans les programmes pastoraux de l'Eglise, dans la formation des futurs prêtres et religieux, dans l'action quotidienne de chaque paroisse, mouvement et groupe ecclésial. »

Après s'être rendu, le 8 juillet dernier, sur l'île de Lampedusa,qui accueille des flux ininterrompus de migrants en provenance d'Afrique et du Moyen-Orient ainsi que ses visites d'un hôpital et d'une favéla en marge des Journées mondiales de la jeunesse au Brésil, François confirme sa volonté d'aller à la rencontre des« périphéries existentielles », selon ses mots, non seulement de l'Eglise mais de nos sociétés. Même quand il n'est pas précédé de centaines de caméras, il sait que ces déplacements permettent d'attirer l'attention sur eux et de dénoncer la « mondialisation de l’indifférence ».

Dans la droite ligne de ce premier déplacement hors de Rome, c'est donc sans escorte ni délégation officielle que le pape est arrivé en milieu d'après-midi au Centre Astalli. Après avoir salué ceux qui étaient venus y chercher un repas, il est entré dans le réfectoire et a écouté longuement des migrants lui raconter leur histoire. Il a aussi passé un moment avec une famille syrienne.

Fondé en 1981, le Centre Astalli procure aussi bien des repas et des douches qu'une assistance sociale, ou encore des soins. Plus de 450 personnes viennent chaque jour trouver de quoi manger dans le centre, et parmi eux de plus en plus de Syriens et d'Egyptiens, notamment des chrétiens coptes, bien que la plupart des réfugiés qui viennent y trouver secours sont majoritairement musulmans. L'an dernier, ils étaient plus de 21.000 à être accueillis à Rome, sachant que 34.000 personnes étaient elles aussi aidées dans les différents autres centres italiens du Service des jésuites pour les réfugiés.

Dans une interview donnée à Radio Vatican, Giovanni La Manna déclare : « Le premier fruit de cette rencontre est l’expérience humaine, spirituelle, qui vise à garder intact l’espoir des réfugiés d’avoir une vie pleine de paix et de sérénité. Mais c’est aussi un signal pour ceux qui ont la responsabilité de gouverner nos pays, de ramener la paix dans les pays de provenance des réfugiés. Enfin cette visite est aussi une façon de garder l’enthousiasme d’être au service des pauvres ».