Transmis par Dominique Venturini
A Benoît XVI
N.S.A.E. (Vaucluse).
Dominique Venturini
Rue du Serpolet
Rue du Serpolet
Rue du 84160 Lourmarin
Lourmarin, le 11 mai 2007
A Benoît XVI
Membre du Mouvement international : « Nous sommes aussi l’Eglise » ; voici
les réflexions que m’inspire votre voyage au Brésil. Permettez-moi de vous en faire part – sans illusions !
L’évolution des Catholiques d’Amérique
Latine a de quoi vous inquiéter. Ce vivier de fidèles est en diminution constante et les vocations sacerdotales sont tombées à 50%. Pourtant, la ferveur religieuse n’est pas
moindre. Où sont passés les transfuges ? Pourquoi les célébrations des Eglises Evangélistes et Pentecôtistes font-elles le plein ?
La
réflexion d’une Brésilienne, captée à la télé, ébauche une réponse. « Dans l’Eglise Catholique, tu vas à la messe, et après, c’est fini ! Plus personne ! Ici, dans l’Eglise
Evangéliste, nos rassemblements sont plus fraternels. Si un jour, tu es absent de la prière commune, aussitôt, quelqu’un s’inquiète, et vient te voir, pour savoir si tu es malade. Nous sommes
plus soudés. »
Ce
témoignage me renvoie à votre non-réponse à mes deux lettres précédentes, dont les critiques se voulaient constructives. Cependant, vous vous dîtes le représentant de Jésus sur terre. Ce dernier
a-t-il jamais méprisé aucun de ceux qui l’interpellaient ? Sans vouloir caricaturer, force est de constater le comportement individualiste d’un côté, et la solidarité, de l’autre. Et tandis
que les rangs des prêtres s’éclaircissent de plus en plus, le recrutement des pasteurs est pléthorique. Pour quelle raison ? Soumis à la discipline du célibat, les curés, voués à la
solitude, vivent en marge de leurs contemporains. Alors que les pasteurs, avec femme et enfants, partagent la vie de tout le monde, et ses problèmes quotidiens. Jusqu’à quand, notre hiérarchie
s’obstinera-t-elle à imposer une loi rigide, assortie de menaces d’exclusion, vis à vis des prêtres mariés, et des divorcés remariés ?
Un autre point litigieux, c’est celui de la canonisation du Frère Galvao, originaire, au XVIIIe siècle de Guaratinguetà, près de Sao Paulo. En quoi sa
vie fut-elle exemplaire ? Il recevait des malades et leur administrait un remède miracle. Pendant neuf jours, il leur faisait avaler des petits carrés de papier roulés en pilules, contenant
une prière ! .Le pire est que, depuis lors, cette activité continue. Vingt-cinq bénévoles perpétuent la tradition, et distribuent cent mille pilules, chaque mois. Une farce digne de nos
fabliaux ! N’est-ce pas abuser de la naïveté des gens ?
Comment l’institution peut-elle, sans perdre sa crédibilité, soutenir, à la face du monde, la cause de cet homme ? Si ce n’est pas de
l’obscurantisme, cela y ressemble fort.
Par sa vie et son message, Jésus nous incite à résister à toutes les formes d’oppression et d’aliénations, fussent-elles religieuses. N’est-il pas en
cela, le précurseur de la théologie de la libération ?
Dans l’espoir d’un vrai dialogue, je reste à votre disposition.
Respectueusement
Dominique Venturini
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