NIGER: L'uranium - bénédiction ou malédiction ?
DAKAR, 16 octobre (IRIN) - Tandis que la demande mondiale en énergie nucléaire grimpe, les vastes réserves d'uranium du Niger ne sont pas un atout pour la population du pays, à en croire les analystes ; au contraire, elles ne font qu'ajouter aux graves problèmes qui pèsent sur la région.
Pays pauvre situé à la lisière sud du désert du Sahara, le Niger dispose de réserves d'uranium - source principale de combustible nucléaire - parmi les plus importantes du monde, mais n'en tire presque aucun avantage.
Au contraire, selon les organisations locales et internationales, l'exploitation de l'uranium par des sociétés principalement étrangères a des conséquences néfastes sur l'environnement et la santé des populations dans l'extrême nord du pays.
Les opérations minières sont aussi à l'origine de tensions politiques nationales : notamment, une des exigences principales du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), une milice armée aux prises avec l'armée nigérienne depuis février, repose sur une répartition plus équitable des revenus générés par l'exploitation de l'uranium.
« Le fait qu'il y ait de [l'uranium au Niger] est plus un mal qu'un bien, pour l'instant », selon Jeremy Keenan, professeur à l'université de Bristol au Royaume-Uni, et autorité reconnue sur le Sahara. « C'est une malédiction pour la région et les populations qui y vivent [.] Cela a tout le potentiel d'une situation tout à fait explosive ».
Peu d'avantages
Les associations de la société civile au Niger, ainsi que plusieurs universitaires aux Etats-Unis et au Royaume-Uni s'accordent sur le fait que les populations du Niger n'ont pas profité des 100 000 tonnes d'uranium extraites ces 36 dernières années.
Le Niger, qui produit plus de 3 000 tonnes d'uranium par an, se situe entre la troisième et la cinquième places mondiales en matière de production d'uranium.
Néanmoins, selon l'Indice de développement humain 2006 du Programme des Nations Unies pour le développement, le Niger est le pays le plus pauvre du monde : l'espérance de vie est de 45 ans, 71 pour cent des adultes ne savent pas lire, et 60 pour cent de la population survit avec moins d'un dollar par jour.
« Le peuple nigérien ne profite pas de ces revenus », selon Ali Idrissa, coordinateur de la branche nigérienne de Publish What You Pay, une coalition internationale d'organisations non-gouvernementales (ONG) qui appellent les compagnies extractives (pétrole, gaz, mines) à communiquer les montants qu'elles versent aux gouvernements pour l'extraction des ressources naturelles.
© IRIN. Tous droits réservés.
DAKAR, 16 octobre (IRIN) - Tandis que la demande mondiale en énergie nucléaire grimpe, les vastes réserves d'uranium du Niger ne sont pas un atout pour la population du pays, à en croire les analystes ; au contraire, elles ne font qu'ajouter aux graves problèmes qui pèsent sur la région.
Pays pauvre situé à la lisière sud du désert du Sahara, le Niger dispose de réserves d'uranium - source principale de combustible nucléaire - parmi les plus importantes du monde, mais n'en tire presque aucun avantage.
Au contraire, selon les organisations locales et internationales, l'exploitation de l'uranium par des sociétés principalement étrangères a des conséquences néfastes sur l'environnement et la santé des populations dans l'extrême nord du pays.
Les opérations minières sont aussi à l'origine de tensions politiques nationales : notamment, une des exigences principales du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), une milice armée aux prises avec l'armée nigérienne depuis février, repose sur une répartition plus équitable des revenus générés par l'exploitation de l'uranium.
« Le fait qu'il y ait de [l'uranium au Niger] est plus un mal qu'un bien, pour l'instant », selon Jeremy Keenan, professeur à l'université de Bristol au Royaume-Uni, et autorité reconnue sur le Sahara. « C'est une malédiction pour la région et les populations qui y vivent [.] Cela a tout le potentiel d'une situation tout à fait explosive ».
Peu d'avantages
Les associations de la société civile au Niger, ainsi que plusieurs universitaires aux Etats-Unis et au Royaume-Uni s'accordent sur le fait que les populations du Niger n'ont pas profité des 100 000 tonnes d'uranium extraites ces 36 dernières années.
Le Niger, qui produit plus de 3 000 tonnes d'uranium par an, se situe entre la troisième et la cinquième places mondiales en matière de production d'uranium.
Néanmoins, selon l'Indice de développement humain 2006 du Programme des Nations Unies pour le développement, le Niger est le pays le plus pauvre du monde : l'espérance de vie est de 45 ans, 71 pour cent des adultes ne savent pas lire, et 60 pour cent de la population survit avec moins d'un dollar par jour.
« Le peuple nigérien ne profite pas de ces revenus », selon Ali Idrissa, coordinateur de la branche nigérienne de Publish What You Pay, une coalition internationale d'organisations non-gouvernementales (ONG) qui appellent les compagnies extractives (pétrole, gaz, mines) à communiquer les montants qu'elles versent aux gouvernements pour l'extraction des ressources naturelles.
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