Transmis par Hélène Dupont
"FORUM JEUNES DU
MONDE"
Du 17 au 30 septembre, à Toulouse, deux cent cinquante "Jeunes du Monde" se rencontrent; pour leur troisième Forum. Ils auraient été plus nombreux encore si l'État
français n'avait pas refusé les visas à plusieurs délégations africaines et si les Palestiniens, malgré les visas obtenus, n'avaient pas été bloqués entre Israël et Jordanie; parmi eux Ziad
Médouk, universitaire, venu plusieurs fois en France pour faire partager son expérience d'université de la paix où, sur la bande de Gaza, avec de jeunes Palestiniens, il met en œuvre un
idéal de paix! On a même refusé les visas aux Marocains alors que le précédent "Forum Jeunes du Monde" s'est déroulé au Maroc en 2005.
Venus à Toulouse de partout, Ukraine, Afghanistan, Israël, Népal, Liban, Sénégal, Tchad, Inde, Bosnie Herzégovine, Allemagne, Québec, Argentine, Mexique, Paraguay,
Hongrie, Guyane française, Pologne, Estonie, Hollande, Cambodge, etc… près de trente délégations de deux à huit personnes partagent pendant deux semaines leur musique, leur peinture, leur
cuisine, leurs idées et leurs danses pour une rencontre de paix et de non violence.
Trois demi-journées sont consacrées à une formation aux techniques de la non violence pour la résolution pacifique des conflits. Des tables rondes sur les droits de
l'Homme et sur la conception de ces mots dans leurs différents pays et cultures ont permis la plus large participation grâce à des traducteurs bénévoles en anglais et espagnol. Grands moments de
rencontres interculturelles car la plupart des participants sont issus de milieux très modestes voire de bidonvilles ce qui n'exclut pas le talent quand je pense à un merveilleux musicien
argentin de 24 ans capable de sublimes improvisations.
La journée du 21 septembre choisie par l'ONU comme "journée mondiale de la paix" s'est déroulée autour du prestigieux pianiste franco argentin qu'est Miguel-Angel
Estrella: le matin il a dialogué avec des enfants d'un collège et d'une école élémentaire de quartiers défavorisés de Toulouse; les enfants disant des textes poétiques qu'ils avaient créés et
préparés par un travail de plus d'une année avec un poète et Miguel répondant sur son piano en quelques phrases musicales faisant écho aux mots des enfants.
Ce jour-là, à midi, les délégations, les organisateurs et Miguel-Angel Estrella étaient reçus à la mairie de Toulouse: grande pompe, "salle des Illustres" et après
l'allocution de Madame le premier adjoint, ancien ministre, Miguel l'a saluée puis, sans attendre la suite des discours, s'est "évadé" de ce lieu somptueux pour aller déjeuner avec les S D F d'un
restaurant social où, sans aucun artifice, les gens de la rue espéraient sa visite : là , il est resté deux heures à parler avec ces hommes et ces femmes, une quarantaine environ. C'était
bouleversant d'humanité, de vérité. Il leur a parlé de son concert du soir dans un prestigieux auditorium de la ville, leur a dit qu'ils y seraient les bienvenus. Trois d'entre eux ont osé venir,
l'un d'eux avait été pianiste avant d'être à la rue. Des moments comme ceux-là consolent de toutes les médiocrités, des abus, des perversions de l'actualité mondiale.
Toulouse étant "la cité de l'espace", du CNES - Centre National d'Études Spatiales - une journée consacrée aux sciences, aux univers interstellaires, était
aussi au programme ainsi qu'une visite de l'AIRBUS à l'aérospatiale; également une journée des langues avec la Maison de l'Europe. La plus grande richesse de ces rencontres aura certainement été
dans les heures passées à échanger entre Bosniaques et Argentins, entre Polonais et Sénégalais, à danser ensemble les pas de
leurs traditions respectives, à chanter, à jouer d'un instrument ou à le construire, à peindre et dessiner ensemble. Ils
seront, chacun, au retour dans leur pays et leur continent d'origine, des ferments de paix et de fraternité. Petite graine d'amour semée à Toulouse qui donne espoir en l'avenir d'une humanité qui
saurait reconnaître où sont les vraies valeurs, les vraies richesses.
leurs traditions respectives, à chanter, à jouer d'un instrument ou à le construire, à peindre et dessiner ensemble. Ils
seront, chacun, au retour dans leur pays et leur continent d'origine, des ferments de paix et de fraternité. Petite graine d'amour semée à Toulouse qui donne espoir en l'avenir d'une humanité qui
saurait reconnaître où sont les vraies valeurs, les vraies richesses.
Hélène Dupont
Voir : http://www.jeunesdumonde.com/
Les délégations

Les délégations
Le spectacle
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