Transmis par Dominique Venturini

NSAE
(Vaucluse)
Lourmarin, le 4 /11/2007
Dominique Venturini
Rue du Serpolet
84160 Lourmarin
Madame Christine Boutin
Ministre du Logement et de la Ville
Madame,
« Je ne me laisserai pas impressionner par ces gesticulations . »
Ce sont vos propres paroles face à une situation humaine déplorable, qui dépend de votre responsabilité.
De quoi s'agit-il ? Trois cent vingt familles ont l'audace de se regrouper, rue de la Banque à
Paris,
pour réclamer un bien vital : celui d'un hébergement décent.
A coup sûr, ces attroupements répétés dans la rue, cela fait désordre. Surtout quand ils sont
encouragés par des personnalités connues et de nombreuses associations. Alors, vous envoyez la police. Et ce sont des expulsions brutales, des blessés, des enfants angoissés pris dans la
tourmente...
Pourquoi cette dureté ? Pourquoi utiliser la force pour anesthésier des revendications qui se
veulent constructives?
Comment pouvez-vous vous permettre de traiter ces gens comme des délinquants, alors qu'ils sont en
situation régulière, qu'ils ont un travail et un salaire ?
Et cynique, vous ajoutez : « Qu'ils s'estiment heureux d'avoir un toit sur la tête,
alors que d'autres n'en ont pas. » Avez-vous vérifié comment survivent ces familles, entassées dans quelques mètres carrés, souvent dans des hôtels miteux, insalubres ?
Comment vous, qui ne cessez d'affirmer vos convictions religieuses, pouvez-vous cautionner une
telle injustice? Je ne vous ferai pas l'injure de penser que vous n'avez pas lu l'Evangile. Mais je me permets de vous rappeler ce verset de Matthieu 25 /45.
« Chaque fois que vous n'avez rien fait pour venir en aide, ne serait-ce qu'à un seul de ces
petits, c'est à moi que vous n'avez rien fait. »
Avec ces méthodes répressives, tous les ingrédients sont réunis pour amorcer une future guerre
civile.
Pourquoi ne pas utiliser les énergies que suppose une telle mobilisation, pour rechercher ensemble
les solutions dont nous avons tous besoin pour construire une société solidaire.
Votre collaborateur, le Père Jean-Marie Petitclerc, est-il d'accord avec votre prise de position?
Lui qui avait « posé comme condition, de garder sa liberté de parole de prêtre », on ne l'a guère entendu.
D'ailleurs, nos sommes nombreux à contester la place d'un religieux dans un cabinet
ministériel. Cela nous paraît contraire au respect de la laïcité de l'Etat
Le 1er novembre 2007, vous avez rappelé votre détermination à mettre en oeuvre, au plus vite, la
loi du Droit au Logement Opposable. C'est bien, mais cela demandera du temps. Dans l'immédiat, aurez-vous le courage d'explorer d'autres possibilités ? Par exemple, du côté des nombreux logements
vides à Paris?
Respectueusement.
Dominique Venturini
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