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Transmis par Dominique Venturini
 
Voici les lettres expédiées à Rachida Dati et à Fillon.
Amicalement
Dominique
 
N S A E                                                                                         Lourmarin, le 13 janvier 2008
Vallée d'Aigues                                                                               
Dominique Venturini
Rue du Serpolet,
84160 Lourmarin       
                                                                      
 
                                                                                              Madame Rachida Dati
                                                                                              Ministre de la Justice
 
 
                                Madame
Votre Projet de loi sur la « rétention de sûreté » a été adopté par une Assemblée qui l'a durci.
Permettez-moi de vous faire part de notre vive inquiétude.  
Comment peut-on envisager de réincarcérer quelqu'un qui a déjà purgé sa peine, sous prétexte qu'il est susceptible de commettre un nouveau crime ?
Est-ce au nom d'un certain déterminisme ? « Coupable à vie! C'est dans vos gènes! »
Allons-nous vivre dans une société de suspicion permanente ?
Avez-vous pensé à la réaction de quelqu'un qui se verrait privé indéfiniment de la perspective de recouvrer sa liberté ? Cette double sanction ne peut que l'acculer à la haine ou au suicide. Donc, le détruire.
Un délinquant sexuel est un malade. S'il est reconnu irresponsable pour cause de trouble mental, il relève de l'hôpital psychiatrique, et non de la prison. Cependant, combien de détenus se retrouvent incarcérés, faute de place en milieu hospitalier. Cela coûte moins cher à la collectivité.
Si quinze ans de prison n'ont pas réussi à amender un condamné, ce n'est pas un an ou deux de plus, qui obtiendront un meilleur résultat.
Il faut plutôt chercher la cause de cet échec. C'est dès le premier jour de l'incarcération, que le condamné devrait bénéficier d'un suivi psychologique, psychiatrique, éducatif, par des professionnels de santé. Or, ces derniers sont en nombre nettement insuffisant. L'institution pénitentiaire manque cruellement de moyens.
Nous sommes obligés de constater que la prison ne joue pas son rôle de préparation à la réinsertion et d'accompagnement après la sortie.
Nous regrettons vivement que cette loi ait été votée dans l'urgence, pour répondre à l'émotion suscitée par un crime horrible.
Nous demandons que soit instauré un important débat de société, avec tous les partenaires concernés, pour trouver les mesures capables de remédier à cette situation désastreuse.
Respectueusement
Dominique Venturini
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N.S.A.E.                                                                                             Lourmarin, le 7 janvier 2008
Vallée d'Aigues
Dominique Venturini
Rue du Serpolet, 84160 Lourmarin
          
                                                                                                                    
                                                                            Madame Rachida Dati
                                                                            Garde des Sceaux
                                                                            Ministre de la Justice
 
 
                        Madame,
                       
                        C'est avec tristesse et indignation, que nous avons appris la nouvelle : suppression d'une subvention de 10.000 euros, allouée depuis dix ans par Matignon, à l'Observatoire International des Prisons.
                        Et pour accentuer la pression, la mission interministérielle à la lutte contre les drogues et la toxicomanie, vient aussi de lui refuser l'aide annuelle de 40.000 euros. Ce qui fait 50.000 euros de moins à percevoir par cette association.
                        Loin de mener une action subversive, l' O I P a pour but de défendre le droit et la justice dans le milieu carcéral. Son rôle est de dénoncer, à partir de faits avérés et vérifiés, le dysfonctionnement dans telle ou telle prison. Et, pour qui a l'occasion de fréquenter régulièrement ces lieux d'enfermement, on ne peut que constater à quel point les conditions de détention à la française, détruisent les personnes: prisonniers et gardiens. C'est la promiscuité, l'absence d'un suivi médical, l'obstruction aux relations familiales, un refus de libération conditionnelle, une sanction abusive, le traitement inconsidéré d'un détenu suicidaire....
                        Un nouveau rapport du Comité de Prévention de la Torture du Conseil de l'Europe vient de dénoncer des « traitements inhumains et dégradants » dans nos établissements pénitentiaires. Pas étonnant que les suicides se multiplient en détention !
                        Vous qui êtes femme, avez-vous été sensible aux gémissements et aux cris de désespoir qui s'échappent des mitards ? Peut-être les avait-on fait taire pour votre venue ?
                        Nul doute qu'en supprimant ces subventions à l 'O I P , le Gouvernement a voulu museler cet organisme, l'empêcher de révéler toutes les atteintes à la dignité de la personne, dans les prisons françaises, et supprimer une critique qui se voulait constructive.
                        Nous faisons appel à vous, Ministre de la Justice, pour faire abroger cette mesure indigne d'un pays démocratique.
                        Respectueusement                                        
                        Dominique Venturini
 

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Tag(s) : #www.partenia2000
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