Libération - QUOTIDIEN : lundi 21 janvier 2008
Le livre
«Et pourtant je me suis levée tôt…», journal d’une précaire
S.F.
Elsa Fayner est journaliste.
Pendant la campagne présidentielle, elle a entendu parler de «revalorisation du travail», de la trop grande propension à «l’assistanat» des salariés. Du trop faible «goût du
risque» des jeunes, rêvant tous de devenir fonctionnaire…
Elle décide alors de se plonger, pendant trois mois, dans le quotidien de travailleurs précaires. Elle trafique son CV, se fait recaler d’un poste de caissière («Ici, la moyenne,
c’est Bac + 3 ou 4»), subi les tests des agences d’intérim (des pages d’exercices alternant additions ou fautes d’orthographe à corriger). Puis elle aligne les emplois plus ou moins précaires.
Elle apprend à parler au présent (le temps de «l’action, de l’état de mise en possession» du client) dans un call center. Fait connaissance avec de «gentils managers en baskets» et rencontre
surtout le temps partiel à 740 euros par mois, devenue vendeuse de hot-dogs chez Ikea. Puis découvre le «service de la couverture» et la résignation, une fois rejoints les rangs des employés
d’étage dans un hôtel.
Le livre est vivant, jamais caricatural, qui toujours prolonge les témoignages et les anecdotes, drôles ou pénibles, par des analyses chiffrées et des paroles d’experts.
Et pourtant je me suis levée tôt, Elsa Fayner.
Editions du Panama. 280 pp. 15 €.
Editions du Panama. 280 pp. 15 €.
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