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Bonjour
Un ami m'a transmis votre consultation.
 http://www.partenia2000.over-blog.com/article-16527033.html
Mgr Gaillot a été le premier évêque français à dire une parole sensée sur le sida, me disait mon fils Jean-Baptiste mort du sida en 1990.
En son souvenir, j'ai participé aux manifestations qui suivirent la nomination à Parténia...
En 2008, je pense que le plus urgent est contenu dans la note ci-jointe, sur laquelle plusieurs amis ont collaboré.
Le Dr Marina Karmochkine est OK sur ce texte.
Amicalement
Jacques Bancal

Quoi faire pour qu’il y ait moins de « Gabrielles » ?
 

               29/1/2008
               
undefined« Peux-tu voir en urgence une jeune fille de 15 ans chez qui on vient de découvrir une séropositivité ? Elle est enceinte et désire garder son bébé, elle a tout dit à sa mère. »
 
C’est ce qu’écrit le docteur Marina Karmochkine dans son livre « Saurai-je parler du sida ?» (First Editions 2007, 170 pages). Gabrielle est en quatrième et c’est son troisième petit copain, plus âgé qu’elle, qui l’a probablement contaminée. Il l’a quittée dès qu’il a su qu’elle était enceinte. Elle est totalement non informée, et dit avoir été « vraiment consentante » ( ?)
Ce médecin de l’Hôpital Georges Pompidou fulmine : Est-il possible qu’à Paris une française née en 1991 n’ait jamais entendu parler de prévention ni de sida ? « Les adolescents (15-19 ans) représentent actuellement 2 % du total des découvertes d’infection par le VIH récentes… »
            Pour qu’il y ait en France moins de « Gabrielle », les spécialistes sont-ils les seuls concernés. Ne faut-il pas aussi que tous les citoyens se tiennent au courant pour ne pas diffuser de fausses informations, mais pour, au contraire, faire connaître ce qui sauve ?
 
1—« On peut guérir du sida » : C’est faux, et dès que le virus est installé dans notre corps c’est pour la vie. Malheureusement celui qui vient d’être infecté par une MST (comme le sida et bien d’autres) attend souvent bien des années avant qu’un symptôme apparaisse et qu’il aille consulter un médecin. Signalons que 3,6 % des jeunes femmes de 18-24 ans sont infectées par les Chlamydiae, première cause d’infertilité tubaire ; or cette infection est guérissable, tout comme la syphilis du reste. Mais dans les deux cas les conséquences sont irrémédiables si les soins sont trop tardifs.
En ce qui concerne le sida on estime qu’il y a en France entre 20 000 et 80 000 personnes contaminées qui ignorent qu’elles le sont, et comme dit le Professeur Willy Rozenbaum, président du Conseil National du Sida : « La seule pratique à risque, c’est le rapport avec une personne contaminée »,…alors qu’on pense trop souvent qu’elle ne l’est pas. D’où l’importance de faire un test, s’il n’y a pas eu de protection.  C’est pourquoi le docteur Marina Karmochkine consacre 15 pages de son livre aux « A.E.S. ». En effet en cas d’Accident d’Exposition Sexuelle (absence, rupture ou glissement de préservatif) ou au Sang (partage de seringue ; exposition professionnelle des soignants suite à une piqûre, une coupure ou une projection de sang dans les yeux), il faut CONSULTER LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE (avant 48 heures) pour bénéficier d’un éventuel traitement antirétroviral d’urgence pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale.
 
2---« Gabrielle l’a bien cherché »disent certains garçons, qui rajoutent : «A 15 ans on est sexuellement majeur, et elle était certainement consentante ! »
                Certes, faussement, dans deux documents (fort bien faits par ailleurs) de l’Education Nationale sur l’éducation à la sexualité (parus en 2004 et 2005), on peut lire que la majorité sexuelle est fixée à 15 ans, mais le bureau K1 du Ministère de la Justice (voir ci-joint) a confirmé le 28/12/2007 « qu’aucune disposition du code pénal ne reconnaît ni ne fixe un âge de la majorité sexuelle.» L’âge de quinze ans correspond à celui au dessous duquel les mineurs sont mieux protégés par les lois. Les récentes sont insuffisamment connues :
                En 2000, le Parlement a institué une « Défenseure des enfants » pour que tous les mineurs (et leurs parents) dont les droits n’auraient pas été respectés puissent lui écrire directement au 145 Bd Blanqui 75013 Paris. Depuis les députés ont voté de nouvelles lois (votées généralement à l’unanimité) protégeant mieux les mineurs, comme celle de 2006 portant l’âge légal du mariage des filles à 18 ans (depuis 1804, c’était 15 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons).
                En 2002 a été rajouté l’article 225-12 au Code pénal : « Le fait de solliciter, d’accepter ou d’obtenir, en échange d’une rémunération ou d’une promesse de rémunérations, des relations de nature sexuelle de la part d’un mineur qui se livre à la prostitution, y compris de façon occasionnelle, est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. » (7 ans, si mineur de 15 ans). La France est avec la Suède le seul pays, qui punit ainsi le « client » d’un mineur qui se livre à la prostitution.
                Les jeunes sont insuffisamment mis en garde sur les divers moyens d’obtenir le soi-disant « consentement » d’un(e) mineur(e), victime trop souvent d’une personne plus âgée (comme «Gabrielle »). En particulier, dans son rapport de novembre 2007, la « Défenseure des enfants » écrit :
« 30 à 40 % des premières relations sexuelles ont lieu sous alccolisation et, dans un contexte tel que le consentement du jeune est plutôt incertain. »…Et d’autres drogues (comme le cannabis) provoquent aussi la levée de l’inhibition comportementale.
 
3---« Croire que la promotion du préservatif est suffisant pour stopper le sida  » relève aujourd’hui de la naïveté.
                Le préservatif a certes une excellente efficacité théorique (si conforme aux normes, dont la NF EN ISO 4074 de 2002). Mais, pour les mineurs, le précédent paragraphe montre combien cette seule promotion est insuffisante pour éviter les IST (dont le sida). En effet, avec un peu d’alcool, de cannabis ou des deux (ou d’autres drogues), cette protection peut être « oubliée ». C’est ce qu’écrivait l’INSERM en 2001 dans son rapport sur le cannabis, et en outre on lisait que « le nombre de partenaires sexuels semble significativement augmenté.» ( voir les deux notes en bas de page)
                Dans le document copublié en 2002 par l’OMS, l’UNICEF et l’ONUSIDA, « Les jeunes et le VIH/sida – Une solution à la crise » on lit, en tête de diverses préconisations : « Il faut encourager les jeunes à différer le début de leur activité sexuelle », et pour cela décourager ceux, souvent plus âgés, qui les entraînent à le faire prématurément. Dans la Lettre du CRIPS de novembre 2007, on lit à propos d’une étude sur « la communauté transgenre portugaise » (dont 92,9 % se prostituent : 46,4 % sont séropositifs et 17,9 % n’ont pas voulu se prononcer) : « l’âge moyen de leur premier rapport sexuel est de 11 ans.» Un mineur ayant un rapport sexuel précoce n’est-il pas entraîné à une certaine « addiction au sexe », et alors à avoir plusieurs partenaires sexuels avant même d’atteindre ses 18 ans ?
Didier Lestrade, fondateur d’Act Up-Paris parle dans son dernier livre de « gens tellement submergés par leurs pulsions sexuelles qu’ils entrent dans des schémas proches de l’alcoolisme.» Ils sont ainsi surexposés au risque d’un rapport non protégé avec une personne contaminée.
 
4---Une bonne information sur les moyens de prévention est-elle suffisante ? Non, s’il n’y a pas de relations éducatives dès la jeunesse.  « La seule connaissance du risque ne suffit pas à la mise en œuvre d’un comportement de prévention adaptée », écrit le Dr Marina Karmochkine, qui, en particulier, décrit la primo-infection de Serge : « Médecin et homosexuel, il est très informé sur les infections sexuellement transmissibles, et s’est longtemps protégé. Après une rupture amoureuse, il sort de plus en plus, boit tard dans la nuit, prend un peu d’ectasy. Il enchaîne les rencontres et abandonne l’usage des capotes… » 
L’information doit se conjuguer, en particulier pendant l’adolescence, avec une éducation à la sexualité par des personnes compétentes. «  En complément du rôle de premier plan joué par les familles », l’Education Nationale, dans la circulaire du 27/2/2003, reprend le texte de la Loi de 2001 : «Une information et une éducation à la sexualité sont dispensées dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances annuelles et par groupe d’âge homogène.»  Le premier des six objectifs éducatifs détaillés est :
 «Comprendre comment l’image de soi se construit à travers la relation aux autres »…
 Sept ans plus tard on en est loin. Trop de garçons n’ont que des films et sites pornographiques pour faire leur « éducation » (sic)… et s’enfoncer dans le machisme. Trop de pères sont « absents » ou dépréciés aux yeux de leur fils. On manque dramatiquement de femmes et surtout d’hommes formés, pour une véritable éducation à la sexualité, par des associations agréées par l’Education Nationale, comme la fédération Couples et Familles (où j’ai reçu une telle formation) : couplesetfamilles@free.fr .
 
Non seulement tous les éducateurs mais tous les citoyens qui souhaitent qu’il y ait moins de « Gabrielle » devraient actualiser leurs connaissances afin que les jeunes aient moins d’idées fausses, qui leur sont préjudiciables.                                                                                                                                                                                                                                                                      


    jbancal@wanadoo.fr
 
Dans la norme sur les préservatifs masculins en latex, NF EN ISO 4074 de septembre 2002, on lit en page 8 et 9 :
« Stocker les préservatifs dans un endroit frais et sec, à l’abri de la lumière solaire directe »
« Eviter l’utilisation de lubrifiants à base d’huile tels que la vaseline, l’huile pour bébé, les crèmes pour le corps, les huiles de massage, le beurre, la margarine etc… »
Par ailleurs, l’I N J E P recommande, avant toute manipulation, de « se laver les mains ».
 
Dans le livre sur le CANNABIS de l’INSERM (nov 2001) on lit page 107 :
« Le nombre de partenaires sexuels semble significativement augmenté, et des comportements sexuels dits à risque par non-utilisation de préservatifs ont été rapportés.
Dans une étude réalisée sur une population d’agresseurs sexuels les cannabinoïdes sont la deuxième substance retrouvée après l’alcool en rapport avec la levée de l’inhibition comportementale que provoque ces substances. »
 
PS : Voir  aussi une présentation du livre du Dr M.K. sur : 
http://docs.google.com/Doc?id=dcw7zw2z_59hmxmm9cj
 
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Tag(s) : #www.partenia2000
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