CIMADE
Rapport 2007 sur les centres et locaux de rétention administrative
Depuis 1985, la Cimade assure une présence associative et exerce une mission d'accompagnement des étrangers en instance d'expulsion dans les lieux de rétention. Seul représentant de la société civile à y intervenir quotidiennement, nous témoignons de la réalité observée dans ces lieux de privation de liberté.
La huitième édition de ce rapport met l'accent sur la mise en place progressive d'un dispositif juridique qui tend à réduire les droits des étrangers ou à les priver de la possibilité pratique d'exercer ces droits.
Voir :
http://www.cimade.org/publications/16
En 2007, 35.008 personnes ont transité dans ces centres, soit une
hausse de 24% par rapport à 2003.
Des ressortissants de 159 nationalités
ont été retenus au moins 24 heures, dont 4 Français !
Les Algériens, les Marocains, les Turcs, les Tunisiens, les Chinois,
les Indiens et les Maliens ont été les plus nombreux. Théoriquement,
la législation française protège les mineurs de l'expulsion.
Pourtant, en 2007, 242 enfants ont été enfermés.
L'administration justifie cette situation en expliquant que ces mineurs ne font
qu'«accompagner» leurs parents afin de ne pas briser l'unité de la
famille. «Cette instrumentalisation du droit», où l'on fait subir à
l'enfant l'irrégularité de la présence de ses parents sur le
territoire français, «est totalement contraire à l'article 3-1 de la
Convention internationale des droits de l'enfant qui prévoit que
toute décision le concernant doit être prise en regard de son intérêt
supérieur», martèle la Cimade. Pour «accueillir» plus de monde, les
centres se sont par ailleurs agrandis et quelques-uns ont été
ouverts : on est passé de 969 lits en 2004 à 1.693 trois ans plus
tard, soit une progression de plus de 42%.