Christiane et Paul Reguer écrivent à la presse locale
Monsieur le Rédacteur enChef,
Puisque vous voulez bien solliciter l'avis de vos lecteurs sur le projet de loi "immigration choisie", nous nous faisons un devoir de donner le nôtre.
En tant que citoyens du pays des "droits de l'homme" ce projet de loi nous fait honte par son inhumanité et parce que véritablement il tend à réduire l'homme à une marchandise que l'on acquiert ou que l'on rejette selon les besoins de l'acquéreur. Cette conception nous renvoie à une période que nous espérions révolue : l'esclavage. En effet, seul sera acceptable et susceptible d'être "acquis" l'étranger momentanément considéré comme rentable pour l'économie française. Seuls seront "sélectionnés"ceux qui seront jugés nécessaires à la compétitivité de notre économie.
La France pourra se permettre de piller les compétences et les talents là où elle pourra les trouver sans le moindre souci de l'intérêt bien compris des pays dits émergents. On va jusqu'au bout d'une économie libérale pour laquelle un être humain est une marchandise, utile à un moment, puis jetable quand on n'en a plus besoin. Que devient le droit d'asile ? Comment peuvent réagir tous les "bien-pensants" attachés aux "valeurs sacrées de la famille" quand on restreint sévèrement le regroupement familial ? Y aurait-il deux types de famille ? Les familles occidentales, pour ne pas dire "chrétiennes", et les autres ? Si ce projet de loi était adopté, nous serions en pleine négation des droits fondamentaux, en plein mépris de la diginité humaine.
Nous réagissons en tant que citoyens et nous n'avons pas manqué d'alerter deux parlementaires de la majorité.
Nous croyons aussi pouvoir réagir en tant que "chrétiens" ou du moins en qualité d'humains qui essaient de l'être. Nous nous réjouissons, à cet égard, de la prise de position des plus hautes autorités chrétiennes de notre pays qui ont tenu à mettre en garde le premier ministre contre l'adoption de ce projet de loi.
Sans chercher à revendiquer quelque position morale privilégiée, nous estimons que notre devoir de chrétiens est de rappeler à temps et à contre-temps que l'homme doit toujours être au coeur de nos choix et que la loi doit toujours chercher à protéger les plus faibles. Nous appelons nos frères et soeurs qui fréquentent les lieux de culte à méditer les paroles d'un chant qui s'intitule "Ne laissons pas mourir la terre" et qui commmence par "Laisserons-nous à notre table un peu de place à l'étranger ?..."
Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Rédacteur en Chef, l'expression de notre considération distinguée.
Christiane & Paul REGUER - 676 Le Maucomble 76110 ECRAINVILLE
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