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Transmis par Hélène Dupont et par Martine Camara

 

Les Sassou Nguesso et autres dictateurs reçus à l'Élysée ne doivent pas nous faire oublier les " amicales " relations de l'État français avec le dictateur tunisien qu'est Monsieur Ben Ali qui a placé sa famille et ses amis à tous les postes - clés non seulement du gouvernement, police, justice etc... mais aussi commerce et industries sont verrouillés et la corruption va aussi bien que dans les pires "républiques" bananières.

À lire (parmi d'autres) : "Le supplice tunisien" d' Ahmed Manaï (La Découverte - coll. Témoins)

L'auteur était présent à Paris, à La Bourse du Travail  pour le 10ème anniversaire en janvier 2005. Il était aussi à Évreux pour la messe du 22 janvier 1995...

Hélène Dupont


 
 
 
 
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
Membre du Réseau Euro méditerranéen des Droits de l’Homme
 
21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS - Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34
 
LA MACHINE AVEUGLE DE LA TORTURE EN TUNISIE
Le cas de Walid LAYOUNI
 
Dans la Tunisie de M. Ben Ali, les victimes de la torture se comptent par milliers et continuent de souffrir de leurs séquelles durant de longues années. Parmi eux, un très grand nombre reste handicapé à vie. Actuellement, des centaines de détenus victimes de la torture croupissent en prison, parfois depuis près de vingt années, souvent sans soin.
Du commissariat aux geôles des différentes prisons tunisiennes en passant par les sous-sols du ministère de l’Intérieur, ces lieux sont devenus des « usines de torture » qui se distinguent par les actes les plus barbares commis par des tortionnaires qui humilient et mutilent en toute impunité.
M. Walid Layouni, une des victimes de la loi dite antiterroriste de décembre 2003, a été arrêté le 11 décembre 2006 par la brigade de la Sûreté de l’Etat, de façon illégale et sans mandat. Tenu au secret pendant plus d’un mois (du 11/12/06 au 16/01/2007), il a été écroué à la prison civile de Mornaguia dans une cellule individuelle. 
M. Walid Layouni, 28 ans est un jeune père de quatre petits enfants, le plus jeune étant un bébé de deux mois, né après son incarcération. Ingénieur de décoration réussi, il était à la tête d’une société de cent personnes appelée « Street Line » qu’il a fondée à Abou Dhabi. Le 18 octobre 2005, il a été livré aux autorités tunisiennes suite à l’arrestation de son frère jumeau Khaled Layouni qui vivait avec lui et qui était recherché pour avoir voulu aller combattre en Irak. Libéré au bout d’une semaine, il lui a été interdit de quitter le pays et il a fait l’objet de poursuites sécuritaires incessantes : présence de la police politique sur son nouveau lieu de travail à la cité En Nasr, à son domicile ; convocations répétées au siège du ministère de l’Intérieur.
Lors de la visite qu’a effectuée le CRLDHT à la jeune famille de Walid ainsi qu’à sa mère Mme Ftima Bouraoui, il a été question de la torture sauvage exercée sur le jeune ingénieur depuis son arrestation et de ses conditions humiliantes de détention puisqu’il a été maintenu dans les toilettes d’une cellule ne dépassant pas les deux mètres, sans aération ni lumière. Walid est ainsi privé de sommeil des semaines durant. Lors des visites familiales, il avait souvent les traces de violences et de coups sur son visage et ses yeux. Il a fait part à son avocate, Maître Radhia Nasraoui des longues séances de torture qu’il a subi dans les locaux du ministère de l’Intérieur ainsi que dans la prison de Mornaguia. Déshabillé et les yeux bandés, ce cauchemar se répète au quotidien pendant des longues heures où ses tortionnaires lui ont fait signer, sous la menace, un papier caché par un autre et des aveux graves dont il est innocent. Selon son avocate, Walid paye pour avoir assister la famille de son frère après l’arrestation de ce dernier.
A la dernière visite hebdomadaire de sa famille, le vendredi 06 avril 2007, la mère a trouvé la victime dans un état méconnaissable avec un visage hagard et des yeux effarés. Avec un air halluciné, il divaguait et prononce des paroles incohérentes, tout en semblant ne pas reconnaître sa propre mère. Mme Bouraoui avait appris des agents pénitentiaires que son fils est traité à l’hôpital psychiatrique de Razi, spécialisé dans les maladies mentales.
Le CRLDHT, tout en s’associant à la tristesse de la famille, exprime son indignation face à cette barbarie qui sème le désespoir et cultive la haine et exige l’arrêt immédiat de ces traitements inhumains et dégradants. 
Il réclame l’ouverture d’une enquête sur la pratique de la torture en Tunisie et les conditions dans lesquelles sont détenus les prisonniers politiques et d’opinion.                                     
Il revendique le jugement de tous les tortionnaires, coupables de tortures ayant dans de nombreux cas entraîné la mort de Tunisiens.                                                    
 
Paris, le 11 avril 2007
 
 
Une info pour étayer le message de notre amie Hélène DUPONT.
Fraternellement.
Martine CAMARA

du 11/04/07 20:16
 Objet : TUNISIE: LE CALVAIRE DES BOUHJILA
 
C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
Membre du Réseau Euro méditerranéen des Droits de lHomme
 
21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS - Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34
 
Le calvaire sans fin du prisonnier politique 
M.Abdellatif BOUHJILA
 
Le CRLDHT fait part de sa vive préoccupation pour la vie du prisonnier politique M.Abdellatif BOUHJILA, en grève de la faim depuis de longues semaines, dans l’indifférence totale de l’administration pénitentiaire.
Incarcéré à la prison de Mornaguia, dans la banlieue de Tunis, Abdellatif BOUHJILA mène depuis novembre 2006 une série de grèves de la faim pour réclamer une prise en charge médicale et l’accès aux soins qu’exige son état de santé.
Souffrant depuis son incarcération, il y a près de neuf ans, d’une insuffisance rénale, cardiaque et asthmatique, la victime n’a jamais pu accéder aux soins nécessaires malgré le nombre impressionnant de grèves de la faim qu’il a observé (Plus de mille cent jours de grève de la faim, voir les communiqués du CRLDHT du 24 février et du 30 mars 2007). La seule réponse de l’administration fût une agression perpétrée par un des gardiens de l’infirmerie à son encontre. 
 
Lors de la visite de son père, M. Abdelamajid Bouhjila le 3 avril 2007, la rencontre a été interrompue trois minutes plus tard suite à l’évanouissement du prisonnier qui manifestait une fatigue extrême et était dans l’incapacité de produire un seul mot. Il a été conduit au parloir par un agent qui l’aidait à se tenir debout.
 
Le mardi 10 avril 2007, la famille était interdite de visite sans aucune explication quant à ce refus notifié et à l’état de santé de la victime, laissant les parents âgés de Abdellatif dans l’angoisse quant au sort de leur fils.
 
Le CRLDHT exige une attitude responsable de la part de l’administration pénitentiaire en répondant à la revendication légitime du prisonnier d’être soigné
 
Il demande une attitude humaine vis-à-vis de la famille de la victime qui doit être informée sur le sort de son fils.
 
Il réclame la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion et la proclamation d’une loi d’amnistie générale, un premier pas indispensable pour assainir ce climat politique étouffant et explosif. 
Paris, le 11 avril 2007.  
                                                   
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